Eglises d'Orient : alléger les besoins urgents des populations

Le pape reçoit les membres de la ROACO

Rome, (Zenit.org) Pape François | 607 clics

« Je vous demande de faire tout votre possible pour alléger les besoins urgents des populations concernées, en particulier celles de Syrie, ainsi que les réfugiés qui sont de plus en plus nombreux » : c’est l’appel  du pape aux participants de la 86ème Assemblée de la Réunion des œuvres pour l’aide aux Églises orientales (R.O.A.C.O.).

Le pape François les a en effet reçus, hier, jeudi 20 juin, dans la salle du Consistoire du palais apostolique du Vatican, dans le cadre de leur assemblée qui s’est tenue à Rome sur le thème : « La situation des chrétiens et des Églises en Egypte, en Irak, en Syrie et en Terre Sainte ».

Le pape s’est également adressé à la communauté internationale et aux victimes : « Une fois encore, du plus profond de mon cœur, je voudrais adresser un appel aux responsables des peuples et des organismes internationaux, aux croyants de toutes les religions et aux hommes et aux femmes de bonne volonté, pour qu’on mette fin à toute souffrance, à toute violence, à toute discrimination religieuse, culturelle et sociale. Que l’affrontement qui sème la mort fasse place à la rencontre et à la réconciliation qui portent la vie. A tous ceux qui souffrent, je dis avec force : Ne perdez jamais l’espérance : L’Église est à vos côtés, elle vous accompagne et vous soutient ! »

Discours du pape François :

Chers amis,

1 Soyez les bienvenus ! Je vous accueille avec joie pour rendre grâce au Seigneur, avec nos frères et sœurs d’Orient représentés ici par quelques-uns de leurs pasteurs et par vous-mêmes, supérieurs et collaborateurs de la Congrégation pour les Églises orientales et membres des organismes qui composent la R.O.A.C.O.

Remercions Dieu pour la fidélité au Christ, à l’Évangile et à l’Église dont les catholiques orientaux ont donné le témoignage au long des siècles, en affrontant toutes sortes de difficultés à cause de leur nom de chrétiens et en « gardant la foi » (cf. 1 Ti 4,6-8). Nous leur exprimons notre proximité et notre reconnaissance. J’étends mes salutations à chacun de vous, et aux Églises dont vous êtes l’expression, puisque vous travaillez pour elles, et j’adresse à mon tour un salut cordial au cardinal préfet. Comme mes prédécesseurs, je désire vous encourager et vous soutenir dans l’exercice de la charité, qui est le seul motif de gloire des disciples de Jésus.

Cette charité jaillit de l’amour de Dieu dans le Christ : la Croix en est le sommet, signe lumineux de la miséricorde et de la charité de Dieu envers tous, qui a été répandue dans nos cœurs par l’Esprit-Saint (cf. Rm 5,5).

2 C’est mon devoir d’exhorter à la charité, qui est inséparable de la foi dans laquelle l’évêque de Rome, successeur de l’apôtre Pierre, est tenu d’affermir ses frères. L’Année de la foi nous pousse à confesser avec encore plus de conviction l’amour de Dieu dans le Christ Jésus. Je vous demande de m’accompagner dans ma tâche d’unir la foi et la charité, inhérente au service pétrinien. Saint Ignace d’Antioche a cette expression dense par laquelle il définit l’Église de Rome : « l’Église qui préside à la charité » (Lettre aux Romains, salutation). C’est pourquoi je vous invite à collaborer « dans la foi et dans la charité de Jésus-Christ notre Dieu » (ibid), vous souvenant que notre travail ne sera efficace que s’il est enraciné dans la foi, nourrie par la prière, en particulier par l’Eucharistie qui est le sacrement de la foi et de la charité.

3 Chers amis, c’est là le premier témoignage que nous ayons à offrir dans notre service rendu à Dieu et à nos frères, et c’est seulement ainsi que notre action sera féconde. Poursuivez votre œuvre intelligente et attentive à travers la réalisation de projets réfléchis et coordonnés, qui donnent une juste priorité à la formation, en particulier celle des jeunes. Mais n’oubliez jamais que ces projets doivent être un signe de cette profession de l’amour de Dieu qui constitue l’identité chrétienne. L’Église, dans la multiplicité et la richesse de ses composantes et de ses activités, ne trouve pas sa sécurité dans des moyens humains. L’Église est à Dieu, elle a confiance en sa présence et en son action et elle porte au monde la puissance de Dieu qui est celle de l’amour. L’exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente doit être pour vous une référence précieuse dans votre service.

4 La présence ici des patriarches d’Alexandrie des Coptes et de Babylone des Chaldéens, de même que celle des représentants pontificaux en Terre Sainte et en Syrie, de l’évêque auxiliaire du patriarche de Jérusalem et du gardien de Terre Sainte, me transporte par le cœur dans les lieux saints de notre rédemption, mais elle ravive en moi une vive préoccupation ecclésiale pour les conditions de vie de tant de frères et sœurs qui vivent dans une situation d’insécurité et de violence qui semble interminable et qui n’épargne pas les innocents et les plus faibles. Nous, croyants, nous leur devons notre prière constante et confiante, afin que le Seigneur accorde la paix à laquelle tous aspirent, unie à un partage et une solidarité concrète. Une fois encore, du plus profond de mon cœur, je voudrais adresser un appel aux responsables des peuples et des organismes internationaux, aux croyants de toutes les religions et aux hommes et aux femmes de bonne volonté, pour qu’on mette fin à toute souffrance, à toute violence, à toute discrimination religieuse, culturelle et sociale. Que l’affrontement qui sème la mort fasse place à la rencontre et à la réconciliation qui portent la vie. A tous ceux qui souffrent, je dis avec force : Ne perdez jamais l’espérance : L’Église est à vos côtés, elle vous accompagne et vous soutient ! Je vous demande de faire tout votre possible pour alléger les besoins urgents des populations concernées, en particulier celles de Syrie, ainsi que les réfugiés qui sont de plus en plus nombreux. C’est précisément Saint Ignace d’Antioche qui faisait cette demande aux chrétiens de Rome : « Souvenez-vous dans votre prière de l’Église de Syrie… Jésus-Christ veillera sur elle et sur votre charité » (Lettre aux Romains IX, I). Je confie au Seigneur de la vie les innombrables victimes et j’implore la Très Sainte Mère de Dieu de consoler tous ceux qui sont dans « la grande épreuve » (Ap 7,14).

Sur chacun de vous, sur les organismes et sur toutes les Églises orientales, j’accorde de tout cœur la bénédiction apostolique.

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat