Egypte : la mission des témoins du Christ continue

Même si l'islamisation des institutions progresse

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Anita Bourdin

ROME, mercredi 17 octobre 2012 (ZENIT.org) – « Pleins de confiance en Dieu, Maître de l’histoire, et qui guide nos pas, et encouragés par le soutien et les prières de nos frères et sœurs dans le monde entier, nous allons continuer à exercer notre mission comme témoins du Christ dans notre pays », déclare l’évêque copte d’Assiout, alors que l’islamisation progresse dans le pays.

Mgr Kyrillos William, évêque d’Assiout des Coptes, en République arabe d’Egypte, est intervenu au synode, ce matin, 17 octobre, lors de la 15econgrégation générale.

« Certains extrémistes nous demandent de quitter le pays, a-t-il témoigné: allez-vous en au Canada et en Amérique, vous avez tous des visas, nous lui avons dit: non c’est notre pays et nous y restons ». 


Il affirme : « Donc, si, nous pouvons évangéliser dans un pays musulman, pleins de confiance en Dieu, Maître de l’histoire, et qui guide nos pas, et encouragés par le soutien et les prières de nos frères et sœurs dans le monde entier, nous allons continuer à exercer notre mission comme témoins du Christ dans notre pays, comme sel de la terre et lumière du monde, comme artisans de paix et de réconciliation et semeurs de la civilisation d’amour ».


Il rappelle que « l’Égypte se déclare comme un pays musulman », et que « l’article 2 de la constitution dit que l’islam est la religion de l’État et que la Sharia est la source de sa législation ».

« Chaque jour, dit-il, depuis la montée des Frères Musulmans au pouvoir, nous assistons à une nouvelle procédure d’islamisation des institutions de l’État. Comme auparavant, les chrétiens continuent à être considérés citoyens de 2ème catégorie, plusieurs droits ne leur sont pas reconnus. Dans les écoles et ailleurs, on continue à semer la haine envers eux ».


L’évêque donne des chiffres : « L’Église catholique en Égypte, qui ne compte pas plus de 250.000 fidèles sur une population de 90 millions, assure, à travers toutes ses institutions et différents rites, une présence très sentie dans la société civile et très estimée par les suprêmes autorités du pays: par les écoles suivies par de milliers d’élèves, dont la majorité sont des musulmans; par les hôpitaux et les dispensaires et dans le domaine du développement et de la promotion humaine ».


Il souligne l’importance de l’enseignement sociale de l’Eglise. « Les commissions de Justice et Paix organisent régulièrement des rencontres culturelles, qui présentent la doctrine sociale de l’Église ».

L’engagement dans le dialogue œcuménique et interreligieux n’est pas moindre : « Et inspirées par les initiatives des Souverains Pontifes à Assise, elles ont organisé des veillées de prières pour la paix, avec la participation de chrétiens et non-chrétiens ».

Il conclut par cette anecdote significative : « Un jour, un haut fonctionnaire de l’État, s’adressant aux Évêques catholiques, leur confessa: mais l’Église catholique montre une présence qui dépasse ses dimensions! »

Le Rapport 2012 de l'Aide à l'Eglise en détresse (AED) sur la liberté religieuse dans le monde, publié ce 17 octobre, épingle l'Egypte et les vagues d'agressions anti-chrétiennes, ou les discriminations.

Il donne ces chiffres de la répartition religieuse de la population égyptienne : 87,1 %  de musulmans, 12, 2 % de chrétiens (0, 4 % de catholiques, 11 % d'orthodoxes, 0, 8 % de protestants), et d'autres confessions religieuses 0, 7 %.

Les chrétiens de la Haute-Egypte, notamment de la région d'Assiout justement, sont fiers de descendre des chrétiens qui sont restés fidèles au Christ à l'époque de l'islamisation arabe.