Eluana : Nous avons tous le devoir de repenser à la mort

Editorial du directeur de L’Osservatore Romano

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ROME, Mercredi 11 février 2009 (ZENIT.org) - Au lendemain de la mort, le 9 février, d'Eluana Englaro, Gian Maria Vian, directeur de L'Osservatore Romano, a invité à la « réflexion », au « recueillement » et à la « prière ». Dans une « société opulente qui a évacué la mort jusqu'à la cacher », il est nécessaire de repenser à cette « dimension qui fait partie de la vie humaine », a-t-il affirmé.

Le directeur de L'Osservatore Romano a consacré l'éditorial du 11 février à cette jeune femme de 38 ans qui se trouvait dans le coma depuis 17 ans. Le 2 février, après une décision de justice, la sonde qui alimentait et hydratait Eluana Englaro a été débranchée.

La mort d'Eluana « a perturbé et bouleversé l'Italie ». « Elle a divisé et lacéré le pays. Maintenant, face à la mort, il faut baisser la tête et garder le silence après des semaines angoissantes de polémiques et d'affrontements. Dans la prière pour les catholiques, les chrétiens, les croyants ; dans la méditation et dans le recueillement pour tous les autres, sans aucune distinction », a estimé Gian Maria Vian.

Pour le directeur de L'Osservatore Romano, « nous avons tous le devoir de repenser à la mort, à cette dimension qui fait partie de la vie humaine et qu'il ne sera jamais possible d'effacer ». « L'obligation de réflexion concerne chaque personne », a-t-il poursuivi.

Ainsi, hommes et femmes, nous devons tous nous « interroger sur le processus de cette société opulente qui a évacué la mort jusqu'à la cacher, même dans le langage ». « Un effacement de la mort qui est inévitablement accompagné d'une dépréciation de la vie, qui a des visages nombreux et effrayants : de son engloutissement à l'utilisation des embryons, de l'avortement à l'euthanasie ».

« Les progrès de la science, impensables il y a quelques dizaines d'années, surtout dans le domaine médical, sont à saluer avec admiration, mais posent des interrogations nouvelles et très difficiles sur le plan moral et social, au point que les questions bioéthiques sont devenues politiques », a ajouté Gian Maria Vian. « C'est pourquoi, la réflexion et la prudence sont plus que jamais nécessaires. C'est pourquoi la responsabilité des hommes politiques, des législateurs et des magistrats est toujours plus grande ».

« Maintenant, a conclu le directeur du quotidien du Saint-Siège, après des semaines d'angoisse et de polémiques, c'est le moment d'une réflexion qui puisse réunir de nouveau des croyants et des non-croyants (...) et cette fois-ci sur la signification de la mort et de la vie ». « Pour sauvegarder la dignité de tout être humain, dans quelque condition qu'il se trouve ».

Marine Soreau