En Espagne, Benoît XVI a cherché la rencontre, et non l’affrontement

Point presse du père Federico Lombardi

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 ROME, Lundi 8 novembre 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI n'a pas cherché la polémique en faisant référence à l'anticléricalisme des années 1930 en Espagne, parce que son objectif, comme il l'a lui-même expliqué, est celui de promouvoir « la rencontre et non l'affrontement » entre foi et laïcité, a déclaré le porte-parole du Saint-Siège.

Le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a donné une conférence de presse après la messe célébrée le 6 novembre par Benoît XVI dans la Sagrada Familia, à Barcelone. Il a ainsi souhaité clarifier les interprétations de certains médias concernant les paroles que le souverain pontife a prononcées dans le vol qui l'emmenait de Rome à Saint-Jacques de Compostelle.

Le pape, a expliqué le père Lombardi, n'a pas fourni une analyse historique en parlant de l'anticléricalisme et du laïcisme des années 1930, mais il voulait seulement rappeler une période de l'histoire de l'Espagne et expliquer qu'aujourd'hui, l'Eglise cherche « la rencontre et non l'affrontement ».

« Il faut exclure la polémique des intentions du pape. Il a seulement commenté le sécularisme en Europe et en Espagne et a rappelé certains moments de l'histoire », a affirmé le père Lombardi.

Le porte-parole a aussi souligné la surprise du pape de voir ce samedi tant de fidèles qui l'attendaient à son arrivée à Barcelone et qui sont restés toute la nuit sous le palais archiépiscopal.

Benoît XVI a eu une « impression très positive » de sa visite en Espagne et a souligné combien la rencontre de ce dimanche avec le roi et la reine d'Espagne dans la basilique de la Sagrada familia avait été « très familière, pas du tout politique ».

Avant la conférence de presse, le père Lombardi avait fait un bilan de la messe de dédicace de la basilique de la Sagrada Familia, la définissant de « vraiment extraordinaire pour l'ambiance dans laquelle elle s'est déroulée ».

« Ce Temple, très original mais aussi riche de significations et de symboles, est un univers tout entier de la vie chrétienne », a-t-il ajouté au micro de Radio Vatican.

Le pape, en parlant de Gaudi et de sa vision, a bien mis en relief « la lecture du livre de la nature, du livre des Ecritures et du livre de la liturgie et vraiment, en entrant dans cette église, on le remarque très bien ».

« Je crois que le pape, qui est aussi un grand chercheur en liturgie, a vécu cette célébration avec une intensité particulière, parce que c'est une célébration qui exprime beaucoup de dimensions : celle de la communauté inscrite dans l'Eglise, celle de la nature inscrite dans l'histoire du salut ».

« Comme pape, Benoît XVI avait déjà consacré un autel à Sydney. Il a consacré d'autres églises mais, naturellement, moins grandes et moins importantes que celle-ci », a-t-il observé. « A travers cette célébration, il a vraiment pu exprimer la signification principale de ce voyage, c'est-à-dire le Primat de Dieu ».

Lors de la dédicace de la basilique de la Sainte Famille de Nazareth, a par ailleurs affirmé le père Lombardi, la « référence à la famille a été spontanée ». « C'est un thème de grande actualité et il était logique que le pape y fasse référence ».

« C'est aussi un des grands thèmes de son pontificat, a-t-il indiqué : rappeler continuellement cette vision chrétienne de l'homme qui a dans la famille un point absolument fondamental pour la construction de la société, pour le développement intégral de la personne humaine, pour l'accueil de la vie... Voilà toutes les dimensions que la vie familiale permet et qui souvent ne sont pas assez protégées et rappelées dans notre culture et dans nos sociétés ».