Enfance/Guerre: Mettre fin aux conflits, pour les enfants!

Qu´ils grandissent "partout" dans la paix et le bonheur

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CITE DU VATICAN, Mercredi 6 juin 2001 (ZENIT.org) - "Donner aux enfants la possibilité de grandir partout dans la paix et le bonheur", telle est pour Jean-Paul II la responsabilité de la communauté internationale. Le pape demande d´entreprendre tout ce qui est possible pour mettre fin aux conflits, pour les enfants!



Alors les enfants deviendront des bâtisseurs de paix. Le pape a adressé un message dans ce sens aux participants du symposium "Enfants dans les conflits armés: responsabilité de tous", qui s´est déroulé hier au siège des Nations-Unies, à New-York. Or, au cours des années quatre-vingt-dix, on estime que plus de vingt millions de mineurs ont été tués, blessés ou contraints à la fuite à cause des guerres. Le symposium était promu par la Mission permanente d´Observation du Saint-Siège aux Nations Unies, et par le Bureau du Sous-secrétaire général de l´ONU, Olara Otunno, pour les enfants dans les conflits armés. Le pape avait adressé un appel dans le même sens, dimanche dernier, lors de la prière du Regina Caeli.

Le pape rappelait en substance que les enfants et les jeunes sont des membres précieux de la famille humaine parce qu´ils incarnent ses espérances, ses attentes, son potentiel. Le défi devant lequel se trouvent les personnes, comme les organisations et la communauté internationale, est de s´assurer qu´ils puissent grandir partout dans la paix et le bonheur. Alors eux aussi deviendront des bâtisseurs de paix et d´un monde fait de fraternité, et de solidarité.

Le thème du symposium, continue le pape dans son message, attire l´attention, à juste titre, sur ce qu´il appelle une "triste plaie": les enfants victimes des guerres en différentes parties du monde. Le souvenir de ceux qui ont été tués et les tribulations constantes de tant d´autres exigent qu´on n´épargne aucun effort, demande le pape, pour mettre fin à ces conflits et à ces guerres, que l´on fasse tout ce qui est possible pour aider ces jeunes victimes à retrouver une vie saine et digne.

C´est l´ambassadeur de France à l´ONU, M. Jean David Levy, qui a ouvert le débat en rappelant que, selon l´UNICEF, deux millions d´enfants ont été tués dans ces conflits entre 1983 et 1996, et que six autres millions ont été blessés.

Pour sa part, Mgr Renato Martino, Observateur permanent du Saint-Siège au Palais de Verre, et organisateur de la rencontre, a rappelé l´engagement pris par les religieux dans le monde pour aider ces jeunes victimes. Un tel travail, disait-il, doit continuer, en collaboration avec les gouvernements et la société civile.

Olara Otunno, qui représentait le Secrétaire général, M. Kofi Annan, pour les questions regardant les enfants dans les conflits armés, a indiqué six points qui devront être au programme de la session spéciale de l´Assemblée spéciale de l´ONU de septembre prochain dédiée justement à cette grave menace contre l´enfance. Soit:

1-impliquer les responsables religieux pour qu´ils soient porteurs de messages de paix et non de division,
2-travailler à "démilitariser" la guerre,
3-arrêter la destruction des ressources naturelles indispensables au développement,
4-favoriser le développement de l´instruction et de la santé,
5-pousser les gouvernements à ratifier l´accord qui empêche l´emploi de mineurs de 18 ans dans les conflits,
6- créer une coalition d´Etats, d´organisations non gouvernementales et de groupes de la société civile pour affronter ensemble les problèmes des enfants.

Le président de l´Assemblée générale, Arial Carey, a dit partager cette façon de voir la question, et a mis pour sa part l´accent sur la nécessité de combattre la pauvreté, en se servant du développement comme un moyen de lutte contre les conflits.

Trois enfants sont montés sur le podium pour expliquer l´impact de la guerre dans leurs vies: Jimmy Tamba (Sierra Leone), Maria Peres (Colombie), et Mimosa Goiani (Kosovo). Un frisson a parcouru l´assemblée lorsqu´ils ont raconté comment ils sont devenus des enfants-soldats, ont perdu tous les biens et les droits constitutifs de l´enfance. Autant de témoignages, concluait Olara Otunno "qui obligent à passer à l´action sans attendre".