Environnement : Appel du pape pour le sommet des Nations Unies

Pour une gestion responsable

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ROME, Jeudi 3 septembre 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI demande à la communauté internationale de se mobiliser pour « lutter contre les façons nuisibles d'exploiter l'environnement ».

Le thème de l'environnement et la question du développement humain durable, dont a parlé le paape au cours de l'audience générale du 26 août 2009, seront parmi les thèmes de la 64e session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies, qui aura lieu du 15 septembre au 2 octobre prochains, rappelle L'Osservatore Romano en français du 1er septembre dernier.

Cette assemblée, écrit L'OR, représente une étape importante en vue de la XVe Conférence de l'ONU consacrée aux changements climatiques, (cop15), qui se tiendra du 7 au 18 décembre prochains à Copenhague.

En ce moment, du 31 août au 4 septembre, a lieu à Genève la IIIe Conférence sur le climat (WCC-3) de l'Organisation météorologique mondiale (WMO), dont l'objectif principal est d'instituer un système international de services qui favorise l'intégration entre les informations scientifiques et la gestion et l'adaptation aux changements climatiques du monde.

Voici les paroles prononcées par le pape en anglais à ce sujet, lors du salut aux pèlerins anglophones, dans la traduction de L'OR.

Je souhaite apporter mon soutien aux responsables des gouvernements et des agences internationales qui se réuniront bientôt au sein des Nations unies pour discuter de la question urgente du changement climatique.

La Terre est en effet un don précieux du Créateur qui, en établissant son ordre intrinsèque, nous a donné des orientations pour nous aider à administrer sa création. Précisément dans ce contexte, l'Eglise considère que les questions concernant l'environnement et sa protection sont étroitement liées au développement humain intégral. Dans ma récente encyclique, Caritas in veritate, j'ai évoqué de telles questions en rappelant "l'urgente nécessité morale d'une solidarité renouvelée" (n. 49), non seulement entre les pays, mais également entre les personnes, car Dieu a donné l'environnement naturel à chacun, c'est pourquoi l'usage que nous en faisons comporte une responsabilité personnelle envers l'humanité en général, en particulier envers les pauvres et les générations futures (n. 48).

Il est donc important que la Communauté internationale et chaque gouvernement envoient des messages adaptés à leurs citoyens et réussissent à lutter contre les façons nuisibles d'exploiter l'environnement! Les coûts économiques et sociaux entraînés par l'utilisation des ressources communes doivent être reconnus de façon transparente et assumés par ceux qui les occasionnent, et non par les générations futures. La protection de l'environnement, et la sauvegarde des ressources et du climat, oblige tous les responsables à agir de façon concertée, en respectant le droit et en promouvant la solidarité avec les régions les plus faibles du monde (cf. n. 50). Ensemble, nous pouvons édifier un développement humain intégral au bénéfice de tous les peuples, présents et à venir, un développement inspiré par les valeurs de la charité dans la vérité. Dans ce but, il est essentiel que le modèle actuel de développement mondial soit transformé à travers une acceptation plus large et commune des responsabilités à l'égard de la création: c'est ce qu'exigent non seulement les questions liées à l'environnement, mais également le scandale de la faim et de la pauvreté humaine.

Avec ces sentiments, je désire encourager tous les participants au sommet des Nations unies à entreprendre leurs débats de façon constructive et avec un courage généreux. En effet, nous sommes tous appelés à exercer de façon responsable l'administration de la création, à utiliser les ressources de façon à ce que chaque personne et communauté puisse vivre avec dignité et à développer "l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu" (Message pour la Journée mondiale de la paix 2008, n. 7, cf. orlf n. 50 du 11 décembre 2007)! Merci.

© L'Osservatore Romano, 2 septembre 2009