Epoque communiste : Les évêques polonais demandent à être examinés

Satisfaction au Vatican

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ROME, Lundi 15 janvier 2007 (ZENIT.org) – En Pologne, les évêques demandent à être examinés sur leur passé durant le régime communiste : le Vatican exprime sa satisfaction et demande l’élargissement de l’enquête aux membres des partis et de l’adminsitration publique.



Tous les évêques polonais, souligne en effet Radio Vatican, se soumettront à une vérification sur leur passé durant l’époque communiste.

La décision a été prise par la réunion extraordinaire de l’épiscopat polonais à Varsovie.

Cette opération de transparence suit la démission de l’archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus.

Les évêques ont également souligné que les immenses archives du régime communiste ont également été manipulées, et utilisées jusqu’ici seulement pour agresser des personnalités de l’Eglise, précise la même source.

Or, tous les évêques polonais ont maintenant demandé à être examinés sous ce rapport, par la Commission historique ecclésistique.

Dans tous les diocèses, des commissions locales seront créées et les prêtres pourront s’adresser à elles.

En outre, une nouvelle Commission historique nationale ecclésiatique comprenant des historiens et des juristes sera créée en mars prochain.

L’institut de Mémoire nationale (IPN), qui gère toutes les archives, fournira l’aide nécessaire, et le résultat des vérifications sera communiqué au Saint-Siège.

Les prêtres qui voudront s’adresser à la justice civile pourront le faire, comme tout citoyen polonais.

Ces décisions ont été annoncées lors d’une conférence de presse tenue par Mgr Piotr Libera, secrétaire général de la conférence épiscopale polonaise (CEP).

Il a répété que « l’Eglise n’a pas peur de la vérité » et qu’elle « lutte contre le péché depuis 2000 ans ».

Pour l’archevêque Józef Michalik, président de la CEP, l’Eglise polonaise « est un exemple positif ». Il a également rappelé les nombreux martyrs polonais de la persécution communiste, citant entre autres le P. Jerzy Popieluszko.

L’archevêque de Cracovie, le cardinal Stanislas Dziwisz, a rappelé pour sa part que le communisme a été « une période de persécutions brutales ».

L’épiscopat a donc demandé aux media de la « patience » étant donné les délais nécessaires aux vérifications.

Radio Vatican ajoute que les évêques polonais ont reçu des messages d’encouragements d’autres épiscopats.

Pour sa part, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat s’est déclaré « content » en soulignant que « la communicaiton est essentielle » et que, « dans tous les domaines, le déficit de communication est nuisible, et même mortel », et qu’il « empêche de prendre des décisions mûres, et même fondées, et d’avoir un bon discernement surtout quant à l’authenticité ou la falsification des documents ».

« Je veux souligner, ajoutait-il, l’importance de cela pour tout le monde, non seulement pour les ecclésiastiques, mais pour toute personne impliquée dans des attitudes de collaboration passée avec quelque régime que ce soit ».

« On a besoin, précisait le cardinal Bertone, d’opérer un discernement sur le caractère authentique ou inventé ou fabriqué de cette documentation, et les stratégies de déstabilisation inacceptables quel que soit le camp. Je serais heureux que ce passage au crible se fasse – je l’ai déjà fait savoir aux autorités compétentes – aussi pour les fonctionnaires non seulement des partis mais de l’adminsitration publique ou pour les fonctionnaires qui ont des rôles politiques dans la société polonaise et aussi ailleurs, dans les autres pays de l’Europe orientale ».

Le cardinal Bertone a également exprimé à Radio Vatican son étonnement devant le fait « stupéfiant » que « les documents, les dossiers soient facilement accessibles aux journalistes et moins accessibles à qui en aurait le droit sacro-saint ».