Esclavages modernes : "Nous marcherons avec eux vers la liberté"

Soutenus par les instruments de la foi

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 544 clics

« Nous marcherons avec eux vers la liberté », déclarent les religions signataires d'un accord historique mondial pour « éradiquer » les esclavages modernes, présenté au Vatican, hier, 17 mars (cf. Zenit du 17 mars 2014).

L'objectif de cet accord est « l'éradication de l'esclavage moderne et de la traite des personnes à travers le monde d'ici à 2020 ». Il a été signé par Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, Chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales, représentant le pape François, M. Mahmoud Azab représentant le grand imam de Al-Azhar, au Caire, le Rév. Sir David John Moxon, représentant de l’archevêque anglican de Cantorbéry, M. Andrew Forrest, fondateur de la Walk free Foundation.

L'indifférence doit cesser

Cet accord sans précédent entre des représentants de grandes religions inaugure un « Réseau de Liberté mondial » (Global Freedom Network, GFN). « L'esclavage moderne et la traite des personnes sont des crimes contre l'humanité », peut-on lire dans le préambule de la déclaration commune.

Le texte souligne le caractère destructeur des esclavages modernes : « L'exploitation physique, économique et sexuelle des hommes, des femmes et des enfants condamne 30 millions de personnes à la déshumanisation et la dégradation. Laisser libre cours à cette situation tragique est une agression grave pour notre humanité commune et un affront honteux à la conscience de tous les peuples. »

Pour les signataires, une « action urgente » est nécessaire : « l'indifférence envers ceux qui souffrent d'exploitation doit cesser. Nous appelons les gens de foi et leurs dirigeants, tous les gouvernements et les personnes de bonne volonté à se joindre au mouvement contre l'esclavage moderne et la traite des personnes et à soutenir le Réseau Liberté mondial ».

Avec les instruments de la foi

L'accord définit l'esclavage moderne comme « un terme générique se référant à l'élimination systématique de la liberté d'un individu ». Il comprend notamment « le trafic d'êtres humains, la prostitution forcée, l'esclavage, le travail forcé, les enfants dans les conflits armés, la prostitution et le travail des enfants, la servitude pour dettes et le mariage forcé ».

Tout autant d'esclavages dont les victimes sont souvent « cachées » : « dans les lieux de prostitution, dans les usines et les fermes, sur les bateaux de pêche, dans les foyers privés, derrière des portes verrouillées et dans d'autres lieux innombrables, dans les villes, les villages et les bidonvilles », dénonce les signataires.

Ce mal « peut être surmonté par la volonté humaine inspirée par la foi et par l'effort humain », estime l'accord qui explique que le Réseau Liberté mondial « utilisera les instruments de la foi – la prière, le jeûne et l'aumône » et organisera entre autres « une journée mondiale de prière pour les victimes » et des réseaux de prière dans toutes les régions du monde.

Plan d'action de la première année

Le texte fixe également les plans d'action pour la première année, parmi lesquels un appel à « toutes les religions », aux leaders politiques et à « 50 grandes entreprises multi-nationales » à contrôler leurs chaînes d’approvisionnement et d’investissement afin qu'elles « excluent toute forme d'esclavage moderne » et « adoptent des mesures correctives, si nécessaire ».

Il entend aussi « mobiliser les sections jeunes des religions du monde », promouvoir le discernement et la prévention des esclavages modernes auprès « des familles, écoles, universités, congrégations et institutions », et enfin rallier 162 gouvernements du monde – dont « 30 chefs d’État » d'ici fin 2014 – ainsi que « le G20 » à cette cause.

« Notre monde doit être libéré de ces terribles maux et de ces crimes contre l'humanité... Cet accord est un début et une promesse. Les victimes des esclavages modernes ne seront pas oubliés ou ignorés : tout le monde connaîtra leur histoire. Nous marcherons avec eux vers la liberté », conclut le texte.