Espagne: La loi sur la fécondation assistée permet le clonage

Réaction des évêques

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ROME, Mardi 16 mai 2006 (ZENIT.org) – « Ceux qui ont approuvé cette loi oublient que le seul progrès possible est l’éthique et que l’histoire est remplie d’exemples d’abus de pouvoir au nom du progrès technique », affirme les évêques espagnols après l’adoption par le Congrès des Députés de la loi sur la « Technique de Reproduction Humaine Assistée ». Une synthèse de l’agence vaticane Fides.



Cette loi permet le clonage dit « thérapeutique », la sélection génétique des embryons, la fabrication des embryons avec la faculté de les détruire comme des objets, sans poser de limite à la fécondation des ovocytes.

Devant cette « grave atteinte à la vie humaine naissante et la dignité de la personne », les voix qui se sont élevées ont été nombreuses, souligne Fides.

Les évêques espagnols ont renvoyé à leur Note publiée par le Comité Exécutif le 9 février dernier (cf. Fides 13/2/2006), dans laquelle ils rappelaient que « les techniques qui remplacent la relation personnelle des parents dans la procréation, ne sont pas conformes à la dignité de la personne et portent en elles de graves dommages pour les personnes, y compris de graves atteintes contre les vies humaines naissantes, c’est-à-dire contre les enfants ».

La plate-forme scientifique « Hay Alternativas » (« Des alternatives existent ») déplore qu’une loi qui ne protège d’aucune manière l’être humain au stade embryonnaire soit approuvée. « Hay Alternativas » rappelle à nouveau que, avec cette loi, l’être humain encore non né se transforme en matériel de recherche, en marchandises sujettes aux intérêts économiques de grandes entreprises et à l’ambition de milieux scientifiques déterminés. Pour le Docteur Joya, Présidente de la Plate-forme, "avec cette loi la science se met au service de l’idéologie et des industries".

De son côté le Président de « HazteOir » (« Fais-toi entendre »), Ignacio Arsuaga, a critiqué cette loi parce qu’ « elle porte gravement atteinte à la vie humaine. Ceux qui approuvent cette loi oublient que le seul progrès possible est d’ordre éthique, et que l’histoire est remplie d’exemples d’abus de pouvoir au nom du progrès technique ».

Arsuaga a rappelé que la loi « lèse les différents accords internationaux signés par l’Espagne, comme la « Lettre des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne », qui fait obstacle aux pratiques eugéniques et qui reconnaît le droit à la vie de chaque personne, droits que la Constitution Européenne accueille aussi ; la résolution du Parlement européen du 7 décembre 2000, qui considère le clonage thérapeutique contraire à la politique promue par l’Union Européenne et aussi l’Accord sur les Droits Humains et la Biomédecine du Congrès de l’Europe (connu comme Accord d’ Oviedo) qui interdit la création d’embryons à des fins expérimentales ».

Le Responsable du département de Bio-pathologie de l’Hôpital universitaire « La Foi » de Valence et membre de l’Académie Pontificale pour la Vie, le Dr Justo Aznar, a affirmé qu’avec la nouvelle loi l’Espagne « fait un pas gigantesque sur le chemin malheureux vers la légalisation du traitement le plus inhumain des embryons, sans doute les plus faibles entre les faibles des êtres humains vivants ». D’après le Doct. Aznar la loi permettra biologiquement "l'utilisation du terme pré-embryon qui est totalement désuet", dont la fin est de manipuler l’embryon sans aucune responsabilité éthique.