Espagne: Le droit au "mariage" homosexuel est un droit inexistant, affirment les évêques

Avant-projet de loi approuvé par le gouvernement vendredi

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ROME, lundi 4 octobre 2004 (ZENIT.org) - L'Etat ne peut approuver un droit qui n'existe pas, a affirmé la Conférence épiscopale espagnole à l'annonce de l'approbation par le gouvernement espagnol d'un avant-projet de loi prétendant reconnaître le "mariage" homosexuel.



Cette initiative modifie l'article 44 du Code civil qui, selon la proposition du gouvernement deviendra : "L'identité de sexe des personnes s'engageant au mariage n'empêche pas la célébration du mariage ni ses effets". Dans treize autres articles la distinction "homme/femme" sera remplacée par le terme "conjoint".

Cet avant-projet tente de donner aux couples homosexuels les mêmes droits civils qu'aux couples hétérosexuels, notamment les droits concernant la pension de veuvage, l'héritage, la succession, le pouvoir de signer l'autorisation pour une intervention chirurgicale ou d'adopter un enfant.

En ce qui concerne les problèmes juridiques posés par l'adoption internationale par des homosexuels - certains pays interdisant cette adoption - le ministre de la justice, Juan Fernando López Aguilar a précisé dans une revue de presse que le gouvernement utiliserait les voies diplomatiques pour convaincre ces gouvernements. L'Espagne adopte principalement des enfants de Russie et de Chine.

Une note publiée ce vendredi par la Conférence épiscopale espagnole, à l'annonce de l'approbation par le Conseil des ministres de l'"avant-projet de loi", précise qu'il s'agit d'"une proposition erronée et injuste".

"Car le couple, en engendrant et en éduquant ses enfants, contribue de manière irremplaçable à la croissance et la stabilité de la société. C'est pour cela que la reconnaissance et le soutien légal de l'état lui sont dus. En revanche, on ne peut pas reconnaître à la cohabitation homosexuelle, qui ne peut jamais avoir ces caractéristiques, une dimension sociale semblable à celle du mariage et de la famille", affirme le communiqué.

"Les personnes homosexuelles ne doivent pas être discriminées dans leurs droits civils, souligne la note des évêques. Mais les institutions sociales doivent être soutenues et promues par les lois".

"Le mariage est une institution hétérosexuelle dans son essence, c'est-à-dire qu'il ne peut être contracté que par des personnes de sexe différent: une femme et un homme. Deux personnes du même sexe n'ont aucun droit de se marier entre elles".

"L'Etat, de son côté, ne peut reconnaître ce droit inexistant, s'il ne veut pas agir de manière arbitraire en allant au-delà de ses capacités et en endommageant sans aucun doute très sérieusement le bien commun. Les raisons qui se cachent derrière ces propositions sont d'ordre anthropologique, social et juridique", précisent les évêques.