Espagne : Lutter contre « l’esclavage des enfants »

Un « holocauste » aux dimensions planétaires

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ROME, Jeudi 17 avril 2008 (ZENIT.org) - En Espagne et en Amérique latine, de nombreuses organisations humanitaires demandent que le 16 avril soit déclaré Journée mondiale contre l'esclavage des enfants, « un holocauste aux dimensions planétaires et qui s'amplifie », rapporte l'agence vaticane Fides.

Le Mouvement culturel chrétien, ainsi que d'autres organisations d'inspiration chrétienne, ont lancé une initiative pour demander que le 16 avril soit déclaré Journée mondiale contre l'esclavage des enfants. A ce sujet, de nombreuses initiatives ont été organisée en Espagne et en Amérique Latine. En Espagne, plus de 60 mairies des principales villes du pays y ont adhéré, ainsi que de nombreux mouvements.

Selon ce que dénonce le Mouvement culturel chrétien dans un communiqué, « les enfants représentent plus de 10% du potentiel de main d'œuvre estimé sur plus de 3.000 millions de personnes ». Concrètement, en Espagne « 2 millions d'enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté, et parmi eux, un nombre qui oscille entre 500.000 et 1.000.000 est obligé de travailler, abandonnant les jeux et l'école. Tout cela sans que personne ne se préoccupe de réaliser et de mettre à jour quelques sérieuses études sur le sujet ».

« L'esclavage des enfants est le plus grand problème relatif au travail, et par conséquent syndical dans le monde. Cependant le syndicalisme international et les partis politiques ne se préoccupent que marginalement de cette question. Pour eux l'esclavage de l'enfant n'existe pas » lit-on encore dans la note. Mais « les enfants et les adolescents forment le groupe de travail le plus vulnérable et sans défense ». En effet « de grands entreprises multinationales utilisent des enfants, sous-traités dans les pays pauvres, pour rabaisser une marchandise qui est vendue dans d'autres lieux et dont ces mineurs ne pourront jamais bénéficier ». « L'esclavage des enfants est un holocauste aux dimensions planétaires et qui s'amplifie -lit-on encore dans le communiqué-. Nous sommes profondément impliqués dans tout cela ». En outre le phénomène se transforme « en un instrument de guerre commerciale et internationale ».

Pour ces organisations qui parrainent l'abolition de l'esclavage des enfants, « il ne sera pas possible de vaincre cette plaie si les syndicats et les partis politiques ne luttent pas, au risque de perdre la sympathie des riches entreprises, contre le chômage et la précarité du travail imposée aux adultes, contre les salaires insuffisants, les contrats temporaires et pour l'accès au services sociaux de base ».

La déclaration du 16 avril comme Journée mondiale contre l'esclavage des enfants se doit au fait que ce même jour, en 1995, est mort assassiné Iqbal Mashib, symbole des 400 millions d'enfants esclaves. Iqba était un enfant pakistanais de 12 ans, chrétien dans un pays à majorité musulmane. Il travailla comme esclave depuis l'âge de 4 ans pour les mafias du secteur textile de son pays. Avec d'autres enfants, comme syndicaliste, il obtînt la liberté, et commença une lutte associée pour la libération des millions d'enfants esclaves dans le monde. Cela lui valut une reconnaissance internationale et la possibilité de parler devant des parlements et universités de l'Amérique du Nord et de l'Europe, dénonçant les responsabilités des habitants de l'hémisphère Nord par rapport à la misère de l'enfance du Sud. Cette bataille ne lui fut pas pardonnée, et à son retour, la mafia du secteur textile l'assassina le dimanche de Pâques 1995. Douze ans plus tard, la mèche allumée par cet enfant lutteur s'est étendue dans le monde entier, si bien que se multiplient les actes et les initiatives pour abolir l'esclavage des enfants, et pour demander que le 16 avril soit déclaré Journée mondiale contre l'esclavage infantile.