Espagne : Martyrs de la persécution religieuse, non « de la Guerre civile »

Publication d’un dossier sur l’identité des 498 futurs bienheureux

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ROME, vendredi 15 juin 2007 (ZENIT.org) – Les 498 futurs bienheureux de l’Eglise catholique ne sont pas des « martyrs de la guerre civile » espagnole, mais des « martyrs de la persécution religieuse », précisent les bureaux de presse de la Congrégation pour la cause des saints et de la conférence épiscopale espagnole, dans un récent document publié sous forme de dossier.



Ce document – disponible à l’adresse www.conferenciaepiscopal.es – souligne le sens de cette célébration, qui aura lieu le 28 octobre prochain, sous le titre « Béatification de 498 martyrs du XXème siècle en Espagne ».

Ce rapport explique qu’en Espagne « les personnes qui ont sacrifié leur vie par amour pour le Christ pendant la persécution religieuse des années trente, au siècle dernier, se comptent par milliers ». C’était l’époque (le XXème siècle) où « tant d’autres chrétiens ont aussi été victimes de persécutions à travers le monde ».

On se rappellera que Jean-Paul II disait que l’Eglise était redevenue, en cette fin de siècle, une Eglise de martyrs.

Parmi les futurs bienheureux figurent 2 évêques, 24 prêtres diocésains, 462 membres d’Instituts de vie consacrée (religieux), un diacre, un sous-diacre, un séminariste et sept laïcs.

Comme il est résumé dans ce dossier, il y a eu deux martyrs de la persécution religieuse en 1934, 489 autres en 1936 et sept en 1937.

« Ne disons donc pas, ‘martyrs de la Guerre civile’, car cela serait chronologiquement et techniquement faux », souligne le document.

« Les guerres ont leurs lots de ‘morts’ de chaque côté. Les répressions politiques ont leurs lots de ‘victimes’ de part et d’autre. Seules les persécutions religieuses ont des ‘martyrs’ – est-il expliqué, - d’une idéologie ou d’une autre, d’une appartenance à une autre – politique ou même de confessions religieuses différentes ».

La plupart des martyrs sont espagnols, mais il y en a également 5 qui sont nés en France – des lassalliens –, un dominicain et un carme nés au Mexique et un augustinien né à Cuba.

Par groupes – des plus nombreux aux moins nombreux–, 145 futurs bienheureux avaient entre 20 et 30 ans au moment de leur martyre ; la plupart suivaient encore des études. 107 martyrs avaient entre 40 et 50 ans; 97 entre 30 et 40 ans ; 72 entre 50 et 60 ans.

Aux extrêmes, nous trouvons 8 très jeunes martyrs, âgés entre 16 et 19 ans, 41 martyrs entre 60 et 70 ans et les 15 derniers entre 70 et 78 ans. Pour trois d’entre eux, on ignore leur date de naissance.

« Un moment de grâce pour l’Eglise espagnole »: telle est la signification donnée à la prochaine béatification de ces martyrs par les évêques du pays.

« Cette béatification contribuera à ce que l’on n’oublie pas le ‘grand signe d’espoir’ que représente le témoignage des martyrs », car « ils constituent un nouveau stimulant pour le renouveau de la vie chrétienne », ont-ils souligné.

« L’immense réserve de témoignage de foi vivante et de pardon héroïque qui s’est accumulée en eux ne cessera d’apporter des fruits de justice et de paix – affirment les membres de la conférence épiscopale espagnole –. Les martyrs, qui sont morts en pardonnant, sont pour nous le meilleur encouragement à promouvoir cet esprit de réconciliation ».