Espérer, c'est jeter l'ancre dans l'au-delà

Homélie du matin, 29 octobre 2013

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 959 clics

Vivre avec espérance ou vivre sans espérance ? Choisir l'un ou l'autre revient à jeter l'ancre « sur la rive de l'océan de l'au-delà » ou bien à se contenter d'« une lagune artificielle », estime le pape François.

Commentant la première lecture (Rm 8,18-25) de ce 29 octobre 2013, à Sainte-Marthe, le pape souligne la dimension unique de l'espérance chrétienne, qui n'est pas « de l'optimisme », mais « une attente persévérante ».

« Une chose en effet est de vivre dans l'espérance, parce que dans l'espérance nous sommes sauvés, et une autre chose est de vivre en bons chrétiens, rien de plus ».

Il s'agit de choisir entre « vivre dans l'attente de la révélation ou vivre seulement avec les commandements, c'est-à-dire être ancrés sur la rive de l'au-delà ou garés dans une lagune artificielle ».

L'espérance, la plus humble

« L'espérance ne déçoit pas, elle est sûre » mais « il n'est pas facile de la comprendre », car on la confond avec « l'optimisme » alors qu'elle est « bien plus ».

« L'espérance n'est pas un optimisme, ce n'est pas cette capacité de regarder les choses avec un bon esprit et d'avancer. L'espérance n'est pas une attitude positive devant les choses ».

Et même s'il est « bon » d'être « des personnes lumineuses, positives », cela « n'est pas l’espérance » : « On dit qu'elle est la plus humble des trois vertus, car elle se cache dans la vie. La foi se voit, se sent, on sait ce que c'est. La charité se fait, on sait ce que c'est. Mais qu'est-ce que l'espérance ? »

L'espérance, un risque

Pour le pape, « l'espérance est un risque, elle est une vertu risquée, une vertu ‘d'attente persévérante de la révélation du Fils de Dieu’. Elle n'est pas une illusion ».

Avoir de l'espérance c'est « être en tension vers cette révélation, vers cette joie qui portera le sourire sur les lèvres ».

Les premiers chrétiens « la peignaient comme une ancre : l'espérance était une ancre, une ancre fixe sur la rive de l'au-delà », ajoute le pape, invitant les croyants à se demander s'ils sont ancrés « sur la rive de cet océan si éloigné » ou « dans une lagune artificielle » faite par eux-mêmes, « avec leurs règles, comportements, horaires, cléricalismes, attitudes ecclésiastiques, non ecclésiales... Tout confortable... Ce n'est pas l'espérance ».

L'espérance, une attente

Le pape compare l'espérance à l'attente d'un enfant : « lorsqu'une femme est enceinte, elle est femme, mais plus seulement femme : elle est maman. L'espérance aussi change l'attitude : nous sommes nous, mais plus seulement nous ; nous sommes nous, cherchant là-bas, ancrés là-bas ».

Le chrétien qui espère est « en attente, c'est un enfantement. Et l'espérance est dans cette dynamique », de « donner vie ».

Mais « les premiers fruits de l'Esprit ne se voient pas » : « l'Esprit travaille en [l'homme], comme un grain de moutarde minuscule, mais plein de vie, de force, à l'intérieur », comme « le levain, il ne se voit pas, mais il est là. C'est une grâce à demander ».