Etats-Unis : appel à un « front commun » des catholiques

Carl Anderson défend la liberté religieuse

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Hélène Ginabat

ROME, vendredi 20 avril 2012 (ZENIT.org) –  « Un gouvernement qui veut influer sur la foi et la mission de l’Eglise est un gouvernement qui veut changer l’identité de l’Eglise », déclare Carl Anderson. Il appelle à un « front commun » des catholiques.

Le Chevalier suprême et président du Conseil d’administration des Chevaliers de Colomb (Knights of Colombus), était le l’invité principal du National Catholic Prayer Breakfast qui s’est tenu jeudi 19 avril à Washington D.C.

Le temps est venu de choisir, dit-il, « choisir si, en tant que catholiques, nous voulons faire front commun pour garder ouvertes les portes de la liberté religieuse ». 

Dès le début de son discours, le responsable de l’organisation catholique de bienfaisance lance un avertissement : « J’ose dire que jamais, dans la vie d’aucun de nous ici présent, la liberté religieuse des Américains n’a été autant menacée qu’aujourd’hui. Il faut que nous rappelions à nos compatriotes américains, et en particulier à ceux qui exercent un pouvoir, que la liberté religieuse, liberté garantie par le Premier amendement, a été essentielle pour la fondation, le développement et le progrès de la République américaine ».

Anderson cite le discours inaugural du président Kennedy en 1961, dans lequel celui-ci indiquait que les droits, « pour lesquels nos ancêtres ont combattu », étaient fondés sur la conviction que « les droits de l’homme viennent non pas de la générosité de l’Etat, mais de la main de Dieu ».

Le responsable des Chevaliers de Colomb fait aussi référence à Martin Luther King, qui « tirait son inspiration de la tradition catholique de la loi naturelle et de saint Thomas d’Aquin ». Il constate que, « malgré les fréquentes références à Dieu dans les discours de Luther King, » si l’on visite le nouveau mémorial qui lui rend hommage sur le Mall national et si on lit les quatorze citations qui y sont inscrites, il n’y a « pas une seule référence à Dieu ».

« Vous imaginez combien nos dirigeants ont dû chercher longtemps pour trouver quatorze citations du Dr Luther King sans une seule mention du Tout-puissant », remarque Anderson : « Il n’existe pas de symbole plus choquant de la campagne actuelle qui cherche à chasser la religion de notre vie publique ».

Anderson commente alors Alexandre Soljenitsyne à propos de la manipulation de l’histoire en Russie soviétique : « Comment Soljenitsyne aurait-il considéré la controverse autour du mémorial de Luther King ? Aurait-il vu cela comme une intention de préserver l’unité spirituelle de l’Amérique ou comme un symptôme supplémentaire d’une tendance à couper les Américains de leur héritage religieux ? »

Aujourd’hui, poursuit Anderson, « nous rencontrons une nouvelle hostilité envers le rôle des institutions religieuses dans la vie aux Etats-Unis à une époque où le gouvernement étend son influence de manière extraordinaire ».

Faisant allusion au débat actuel sur les règles de l’administration pour la couverture de l’avortement, il critique fermement l’administration Obama qui interfère dans les affaires internes de l’Eglise : « Un gouvernement qui veut influer sur la foi et la mission de l’Eglise est un gouvernement qui veut changer l’identité de l’Eglise ».

Anderson rappelle que le Premier amendement est conçu pour empêcher la subordination de la religion à l’Etat.

« Nous apprécions la liberté religieuse à cause du bien que la religion apporte à la vie des croyants personnellement et à la vie de notre nation ». Cependant, « nous vivons à une époque où, du point de vue de la liberté religieuse, il semble qu’il y ait plus de portes qui se ferment que de portes qui s’ouvrent », déplore-t-il.