Etats-Unis : aucune prise de distance, proteste l'ambassadeur

Une reconnaissance marquée envers le Saint-Siège

Rome, (Zenit.org) Junno Arocho Esteves, Anne Kurian | 384 clics

Le gouvernement des Etats-Unis fait preuve d’une reconnaissance marquée envers le Saint-Siège, affirme le nouvel ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, Ken Francis Hackett : si l’ambassade des États-Unis près le Saint-Siège vient de déménager, s’éloignant physiquement de l’enceinte du Vatican, où elle était jusqu’à présent, ce n’est en aucun cas une prise de distance politique.

Dans un entretien accordé à Zenit, l’ambassadeur explique les raisons de ce déménagement : « Du point de vue de la sécurité, notre bâtiment n’était pas idéal. En outre, la plus grande salle de réunion pouvait accueillir seulement 12 personnes. Désormais nous serons dans un bâtiment plus sécurisé, avec un espace de réunion adéquat pour un meilleur environnement de travail ».

« Les Etats-Unis ne baissent pas leur engagement », insiste Ken Francis Hackett : « c’est le contraire. Ma présence ici signifie une reconnaissance de la part de l'administration Obama, qui a nommé quelqu'un qui dirigeait une organisation catholique majeure et qui avait des relations avec le Vatican ». Ken Francis Hackett a été vice-président de Caritas Internationalis et président de l'agence d'information catholique des États-Unis, Catholic Relief Services (CRS).

Il évoque sa rencontre avec le pape François, lors de la présentation de ses lettres de créance le 21 octobre 2013 : « Nous avons parlé de la situation dans le monde : la situation terrible en Syrie, la souffrance, l'espoir pour la paix, les domaines où le gouvernement des États-Unis et le Saint-Siège peuvent collaborer, que ce soit des questions particulières, comme la traite des personnes, ou les grandes questions de la paix et des conflits ».

Le pape François a « une manière d’être très pastorale », il met son interlocuteur « très à l'aise », et fait sentir sa « proximité », ajoute Ken Francis Hackett : « Il parlait espagnol, je parlais anglais et nous avions un traducteur. Il me parlait lentement… et c’était beau, la proximité chaleureuse qu'il dégageait. Il a une aura particulière qui vient de sa foi profonde ».

Le nouvel ambassadeur souhaite « favoriser une relation très positive entre le Saint-Siège et le gouvernement des États-Unis », en accentuant les domaines de collaboration : « Les États-Unis sont profondément préoccupés par les conditions des migrants. Le Saint-Père montre une préoccupation particulière sur les questions de la traite des personnes, du trafic de main-d'œuvre, du trafic d’organes, du commerce du sexe. Le gouvernement des États- Unis veut s'engager sur ces questions. On peut aussi travailler ensemble sur les questions de la paix ».

Evoquant la Syrie, Ken Francis Hackett fait observer que le Saint-Siège « soutient activement la résolution pacifique de la situation » : cela constitue « une cause commune certaine ».

Si pour le moment « il n'y a pas de date de rencontre entre le président Obama et le pape François », l’ambassadeur estime qu’une telle entrevue est tout à fait probable à l'avenir.