Etats-Unis : le Massachusetts rejette le suicide assisté

le card. O'Malley à l'assemblée des évêques des Etats-Unis

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Ann Schneible

Traduction d’Hélène Ginabat
ROME, jeudi 15 novembre 2012 (Zenit.org) - Le cardinal Sean O'Malley a salué le rejet d’un projet de loi qui aurait légalisé, dans le Massachusetts, le suicide médicalement assisté des malades en phase terminale. Il invite à promouvoir les soins palliatifs.

L’archevêque de Boston a en effet évoqué ce fait lors de l'assemblée annuelle d'automne de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB), lundi 13 novembre.

Le projet de loi sur le suicide médicalement assisté a été rejeté de justesse lors du vote des habitants du Massachussets, le 6 novembre dernier. Cette mesure aurait légalisé le suicide médicalement assisté dans cet Etat américain pour les patients en phase terminale.

Les diocèses du Massachusetts ont uni leurs forces à celles d'autres groupes religieux pour s’opposer au projet de loi. Diverses associations, médicales ou non, se sont également opposées à cette mesure

« Le suicide médicalement assisté est une menace morale et éthique de la société, de la profession médicale, de la communauté des personnes handicapées et du bien commun », a déclaré le cardinal O’Malley : « Il apporte la mort spirituelle, une dépréciation de la vie humaine, et corrompt la profession médicale ».

Le serment d’Hippocrate stipule en effet que le médecin ne remettra à personne une drogue mortelle si on la lui demande, ni ne prendra l'initiative d'une telle suggestion.

Promouvoir les soins palliatifs

Bien que le projet de loi en vue de légaliser le suicide assisté ait été rejeté, l'Eglise est appelée à « se concentrer davantage sur le fait que nous devons faire davantage pour promouvoir les soins palliatifs et les services aux personnes en fin de vie », a souligné le cardinal américain.

« L'Eglise a toujours été engagée dans la promotion des soins aux personnes en fin de vie dans la compassion et la dignité », a-t-il dit avant d’ajouter : « Nous devons travailler avec nos communautés impliquées dans les soins palliatifs et dans les établissements pour les personnes en fin de vie pour continuer de fournir des soins de qualité aux malades en phase terminale. La peur de la douleur est souvent avancée comme un argument en faveur du suicide médicalement assisté. Or, dans presque tous les cas, les soins palliatifs peuvent supprimer la douleur ».

Le cardinal O’Malley a rappelé à l'assemblée que « les personnes ont déjà le droit de refuser les traitements lourds qui prolongent la vie. Elles ont aussi la possibilité de laisser des directives anticipées pour préciser les soins à leur donner lorsqu'elles ne seront plus en mesure d'exprimer leurs souhaits. La mort causée par l’abstention ou l’interruption de traitements de maintien en vie, d’une part, et les mesures actives pour la provoquer, d’autre part, ont toujours été séparées par une ligne de démarcation claire ».

« Les partisans du suicide assisté cherchent à estomper cette ligne », a-t-il déploré.

Protéger les plus vulnérables

Empêcher l’adoption de cette mesure ne suffit pas. L’archevêque de Boston a insisté sur l'importance d’offrir des soins pastoraux et médicaux aux patients en phase terminale. « Tout comme dans notre lutte contre l'avortement, il ne suffit pas de le condamner ; nous devons aider à prendre soin des femmes qui sont dans le désarroi en raison d'une grossesse. De la même manière, nous devons tendre la main aux personnes qui éprouvent des difficultés à la fin de la vie ».

Aux promoteurs de cette mesure qui disent que le suicide médicalement assisté est un acte de compassion envers les personnes qui souffrent, le cardinal O'Malley a répondu: « Nous sommes appelés à réconforter les malades, non pas à les aider à se suicider ». Comme l’ont dit les évêques catholiques des Etats-Unis dans leur récente déclaration sur le suicide assisté: « La vraie compassion allège la souffrance tout en préservant la solidarité avec ceux qui souffrent ».

La légalisation du suicide assisté, selon le cardinal, pourrait ouvrir la porte à d’autres excès, comme une diminution de la qualité de vie des personnes âgées et des personnes handicapées. On peut aussi craindre qu’une telle loi ne conduise à une augmentation des suicides.

« Je ne pense pas que ce soit un hasard si l'Oregon, l'un des deux Etats qui ont légalisé le suicide médicalement assisté, a un des taux de suicide les plus élevés aux États-Unis », a-t-il ajouté.

Le cardinal O'Malley a tenu aussi à préciser que « l’opposition des diocèses catholiques du Massachusetts au suicide médicalement assisté n'était pas une question de politique partisane, c’était tout simplement l'exercice de notre droit de contribuer à l'échange d'idées garanti par la Constitution de États-Unis garantit. L'Église rend un service important en pesant sur les questions morales et éthiques ».

« Nous sommes tous appelés à œuvrer pour une société plus juste où les personnes faibles et vulnérables sont soignées et protégées », a-t-il dit encore, avant de conclure: « Nous serons jugés sur la façon dont nous traitons ceux qui sont malades et infirmes. Ils ont besoin de nos soins et de notre protection, et non pas de drogues mortelles. Travaillons ensemble pour construire une civilisation de l'amour, un amour plus fort que la mort… »