Etats-Unis : le travailleur "au centre de la vie économique"

« Labour Day », message des évêques catholiques

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Anita Bourdin

ROME, lundi 3 septembre 2012 (ZENIT.org) – « Placer le travail et le travailleur au centre de la vie économique » : c’est le thème du Message des évêques catholiques des Etats Unis à l’occasion du « Journée du travail » - « Labour Day », ce 3 septembre 2012.

Mgr Stephen E. Blaire, évêque de Stockton, président du Comité pour la justice domestique et le développement humain, de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, fait observer que leur pays « se bat avec une économie brisée qui ne produit pas suffisamment de postes de travail décents » et que « des millions d’Américains souffrent du chômage, du sous-emploi, ou vivent dans la pauvreté ».

« En tant que peuple de foi, nous sommes appelés, insiste l’évêque, à défendre les laissés-pour-compte, à offrir notre solidarité, à joindre nos forces avec les « derniers » pour aider à répondre à leurs nécessités de base. Nous cherchons un renouveau économique national qui place les travailleurs et leurs familles au centre de la vie économique ».

Officiellement, 12 millions de personnes sont demandeurs d’emploi aux Etats-Unis, constate l’évêque. Et ils cite la réflexion de Benoît XVI sur le lien entre pauvreté et absence de travail : « Dans de nombreux cas, la pauvreté est le résultat de la violation de la dignité du travail humain, soit parce que les possibilités de travail sont limitées (chômage ou sous-emploi), soit parce qu’on mésestime « les droits qui en proviennent, spécialement le droit au juste salaire, à la sécurité de la personne du travailleur et de sa famille ». C’est pourquoi, le 1er mai 2000, mon Prédécesseur de vénérée mémoire, Jean-Paul II, lançait un appel à l’occasion du Jubilé des Travailleurs pour « une coalition mondiale en faveur du travail digne », en encourageant la stratégie de l’Organisation Internationale du Travail. De cette manière, il donnait une forte réponse morale à cet objectif auquel aspirent les familles dans tous les pays du monde » (Caritas in Veritate, no. 63). Benoît XVI définit ensuite ce que l’on entend par travail « digne ».

Il déplore la « pression » sur les familles du fait du chômage, et « l’exploitation des travailleurs » dans cette situation de crise : « L’exploitation des travailleurs, qu’elle soit subtile ou évidente, blesse leur humanité et nie leur dignité inhérente. Les travailleurs exploités et maltraités ont besoin de notre solidarité ». C’est pourquoi, souligne-t-il, les évêques appellent à l’action et à la justice sociale, à contribuer « au bien commun ».

Mais surtout, ajoute l’évêque, il s’agit de « construire une économie plus juste », et pour cela, il invite à « réfléchir à la morale et aux dimensions humaines » de cette situation avec « trop de pauvreté et pas assez de travail ». Et il invite à un travail commun du monde des affaires, du travail et du gouvernement – pour « construire une économie qui offre des possibilités, crée des postes de travail, engendre la croissance, protège la dignité des travailleurs, respecte la famille, et promeuve un développement humain authentique ».

L’évêque s’étonne du « silence relatif des candidats et de leurs campagnes sur l’impératif moral de résister et de surmonter la pauvreté ».

C’est pourquoi, il souligne que les évêques appellent à la « Formation des consciences » des fidèles à la citoyenneté.

« En cette Journée du Travail, des millions de travailleurs et leurs familles ont des besoins urgents et contraignants », constate l’évêque qui en appelle à la prière des fidèles pour ces familles et pour tous les travailleurs sans travail, qui « luttent pour vivre dans la dignité » : « Que Dieu guide notre nation en créant une économie plus juste, qui honore véritablement la dignité du travail et les droits des travailleurs ».