Etats-Unis : lutte des évêques pour la liberté religieuse

A propos du débat sur le « Contraception Mandate »

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Kathleen Naab

ROME, vendredi 16 mars 2012 (ZENIT.org) – Les évêques des Etats-Unis se déclarent « fortement unis et résolument concentrés » dans leur opposition aux menaces qui pèsent sur la liberté religieuse : le projet du gouvernement fédéral, de faire procurer par les employeurs une couverture médicale pour les avortements et les stérilisations, en est une.

Le Comité administratif de la Conférence américaine des évêques catholiques, réuni mercredi 14 mars, a publié une déclaration intitulée : « Unis pour la liberté religieuse ».

La déclaration est une réponse au mandat émis par le département de la Santé et des services sociaux, en janvier, puis légèrement modifié en février. Celui-ci exige que les institutions catholiques procurent une couverture santé incluant le remboursement des frais de contraception, d’avortement ou de stérilisation de leurs employés. Ces « services » sont inclus sous la dénomination de « soins préventifs », étiquette qui est habituellement utilisée pour les traitements comme les vaccins et le dépistage du cancer.

Dans le tourbillon médiatique qui entoure cette affaire, la déclaration des évêques indique: « Nous souhaitons clarifier ce dont il s’agit, et ce dont il ne s’agit pas, dans ce débat. Il ne s’agit pas de l’accès à la contraception, qui est omniprésent et peu coûteux, même lorsqu’il n’est pas fourni par l’Eglise ou par les finances de l’Eglise. Il ne s’agit pas de la liberté religieuse des catholiques uniquement, mais aussi de celle des personnes qui reconnaissent que les croyances auxquelles elles tiennent risquent d’être menacées à leur tour. Il ne s’agit pas non plus des évêques qui chercheraient à « bannir la contraception » alors que la Cour suprême des Etats-Unis a écarté cette question il y a deux générations.

« Il ne s’agit pas, bien sûr, de l’Eglise qui voudrait forcer qui que ce soit à faire quoi que ce soit ; il s’agit, au contraire, du gouvernement fédéral qui force l’Eglise – c’est-à-dire ses fidèles et la plupart de ses institutions – à agir à l’encontre de ce qu’elle enseigne. Ce n’est pas un problème d’opposition au régime universel d’assurance-maladie, qui est une préoccupation de la Conférence des Evêques depuis 1919, pratiquement depuis sa fondation. Ce n’est pas un combat que nous voulons ou que nous avons réclamé mais c’est un combat qui nous est imposé par le gouvernement, à un moment déterminé par lui seul. Enfin, ce n’est pas un problème républicain ni démocrate, ni conservateur, ni libéral : c’est un problème américain ».

Ce qui est en cause

La déclaration stipule trois points que les évêques considèrent au cœur du débat : une définition indue de la religion, une obligation d’agir contre notre enseignement, une violation des droits individuels des citoyens.

- une définition indue de la religion, donnée par le gouvernement. D’après l’explication que donne la déclaration, le mandat implique que le gouvernement fédéral définisse lui-même qui sont les employeurs religieux : « des employeurs qui, entre autres choses, doivent embaucher ou servir d’abord ceux qui ont la même foi ».

« Nous sommes profondément inquiets de cette nouvelle définition de qui nous sommes, en tant que croyants, et de ce qui constitue notre ministère », écrivent les évêques qui ajoutent : « Nous avons reçu le commandement d’aimer et de servir le Seigneur ; des lois qui protègent notre liberté d’observer un de ces commandements sans l’autre n’ont pas lieu de nous réjouir ».

- une obligation d’agir contre notre enseignement. « Ceux que le Département de la santé et des services sociaux ne considèrent pas comme « des employeurs religieux » seront forcés par le gouvernement d’enfreindre leurs propres enseignements au sein même de leurs institutions. Cela n’est pas seulement une injustice en soi, mais cela sape l’efficacité de la proclamation de ces enseignements aux fidèles et au monde. »

- une violation des droits individuels des citoyens. « Le mandat du Département de la santé et des services sociaux crée en plus une troisième catégorie, ceux dont la conscience n’est aucunement protégée : des personnes qui, dans leur vie quotidienne, s’efforcent constamment d’agir en accord avec leur foi et leur valeurs morales. Elles aussi, se trouvent confrontés à un mandat gouvernemental d’aider en fournissant « des services » qui sont contraires à leurs valeurs – qu’il s’agisse de sponsoriser ou de payer une assurance en tant qu’employeurs ; de payer des primes d’assurance en tant qu’employés ; ou encore de faire leur métier d’assureurs – sans l’ombre d’une exemption. »

Les évêques affirment qu’ils poursuivront leurs efforts pour s’opposer à ce « mandat », y compris par « des dispositions législatives pour restaurer le niveau de liberté religieuse dont nous avons joui jusqu’à tout récemment .»

Ils concluent en exhortant les fidèles à la prière et à la pénitence « pour nos responsables politiques et pour obtenir une protection totale de notre première liberté - la liberté de religion – qui n’est pas seulement protégée dans les lois et les usages de notre grande nation, mais qui est aussi enracinée dans les enseignements de notre grande Tradition ».

Traduction d’Hélène Ginabat