Etats-Unis : une majorité pour l'objection de conscience religieuse

Bras de fer judiciaire entre le gouvernement et l'Eglise catholique

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Anne Kurian

ROME, mercredi 23 mai 2012 (ZENIT.org) – Une majorité d’Américains soutient le premier amendement à la Constitution des Etats-Unis, garant de la liberté de religion et de conscience, annonce un communiqué des Chevaliers de Colomb.

Ces derniers jours, 43 diocèses, hôpitaux, écoles ou instituts religieux ont déposé 12 plaintes contre l’administration Obama, dans différentes courts des Etats-Unis. Cette action en justice a pour but de défendre leur liberté religieuse et de conscience contre la nouvelle directive de santé du gouvernement, qui oblige les employeurs – y compris les instituts religieux – à fournir une couverture sociale à leurs employées, couvrant notamment la stérilisation, l’avortement et la contraception.

Dans ce contexte, un sondage réalisé par Marist Poll pour les Chevaliers de Colomb, révèle qu’une majorité signifiante d’américains soutient le droit de refuser de fournir des médicaments ou des services pour raison religieuse.

Selon le sondage, trois américains sur quatre (74 % contre 26%) pensent que la liberté de religion devrait être protégée, y compris lorsqu’elle s’oppose à des lois. Une majorité d’américains pense également qu’il faut protéger la liberté de conscience du personnel soignant et des assureurs.

« Cette enquête révèle que les américains sont fondamentalement de fervents défenseurs de la liberté de conscience de chaque personne », a commenté le Chevalier suprême de l'ordre, Carl Anderson. « Il est juste, a-t-il ajouté, de permettre aux personnes de pouvoir refuser des procédures ou services – qui violent leur foi. Ainsi le premier amendement sera protégé pour tous les américains. »

Dans le détail, une forte majorité soutient le droit des soignants et des instituts à refuser de pratiquer l’avortement (58 % contre 38), l’avortement médicamenteux (51 % contre 44), la fécondation in vitro de laquelle résulterait la mort d’un embryon (52 % contre 41), des traitements pour accélérer la mort d’un patient en phase terminale (55% contre 41) et la pilule contraceptive (51% contre 46). Ce dernier chiffre est paradoxal, si l’on considère que plus de 8 Américains sur 10 (88%) pensent que la contraception est moralement acceptable.

Une majorité d’Américains (52 % contre 31) pensent par ailleurs que les lois des Etats-Unis de ces dernières années ont été des freins pour suivre ses propres croyances religieuses.

Une écrasante majorité pense qu’obliger les soignants à pratiquer l’avortement est moralement mauvais (72 % contre 27). Une majorité estime que l’avortement (58% contre 40) et le mariage entre personnes du même sexe (52% contre 45) sont moralement répréhensibles.

L’enquête a été menée sur un échantillon représentatif de la population, avec 1.606 adultes interrogés du 10 au 14 mai 2012.