Etre des évangélisateurs et des témoins de la charité pour les migrants

Intervention de Mgr Vegliò à une rencontre de formation à Fatima

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ROME, Lundi 24 janvier 2011 (ZENIT.org) - L'action missionnaire du troisième millénaire doit se baser « sur l'évangélisation et sur le témoignage de la charité », a déclaré Mgr Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement, lors de son intervention, le 16 janvier dernier, à la XIème rencontre de formation des agents de pastorale sociale, à Fatima.

Dans son discours axé sur : « Mobilité humaine et évangélisation : défis d'un nouveau millénaire », Mgr Veglio a souligné le « profond mouvement de déchristianisation » qui afflige le continent européen, où affluent de nombreux migrants de multiples religions.

« Le chemin missionnaire que nous comptons parcourir en ce troisième millénaire devra être placé sous le signe de l'évangélisation et du témoignage de la charité », a-t-il dit, rappelant que « la charité chrétienne a une grande force d'évangélisation », dans la mesure où elle est « signe de l'amour de Dieu parmi les hommes » et qu'elle consiste « à se mettre à la disposition de l'autre au nom de Jésus Christ ».

Les migrants, a poursuivi Mgr Veglio, attendent de l'Eglise universelle « une orientation et une réponse aux grandes interrogations sur la foi chrétienne, réconfort et soutien humains capables de redonner sens et espérance à leur existence ». Dans ce contexte, les agents pastoraux de la mobilité humaine sont « des témoins de l'amour de Dieu dans l'accueil des migrants ».

Passant alors en revue la situation de l'Europe, Mgr Vegliò a reconnu qu'il y avait partout « des signes préoccupants d'égarement et de confusion, sous la poussée même du phénomène migratoire ».

Le premier de tous, a-t-il relevé, est « la recherche excessive d'autonomie de l'homme vis-à-vis de Dieu ». L'homme cherche à « concentrer de plus en plus son activité scientifique, technique, culturelle et politique dans ses propres mains », voire à « manipuler l'univers à son gré » et courir ainsi le risque « de créer des dégâts irréparables » au sein de l'écosystème mais également au niveau « des relations interpersonnelles », de « la recherche des valeurs » et du « sens de l'existence ».

« Les changements éthiques » qui, dans la société contemporaine, portent atteintes à la famille, au mariage, à la vie, sont un autre élément inquiétant relevé par Mgr Vegliò.

A tout cela s'ajoute en Europe une politique migratoire, entrée dans « une phase critique », qui nécessite « coordination et harmonisation ».

« Fermeture des frontières, trafic et traites d'êtres humains, intolérance : tels sont les maux qui affligent la société contemporaine selon Mgr Vegliò, qui a rappelé dans son discours que seul « l'accueil réciproque de tous permet de construire un monde vraiment juste et pacifique ».

Dans une Europe où « la multiethnicité, le multiculturalisme portent avec eux différentes formes d'appartenance religieuse », le représentant du Saint-Siège reconnaît que les contenus de termes comme « justice, vérité, dignité et droits humains, laïcité, démocratie et réciprocité », peuvent être perçus différemment, comme par exemple dans le monde islamique, et créer un problème d'ouverture.

Or, « le jour où elle s'ouvre aux autres cultures, la civilisation en tire des bénéfices en termes de croissance et de renforcement », a-t-il rappelé avant d'aborder la question du pluralisme qui, a-t-il souligné, « est une des catégories où le développement humain s'exprime le mieux, pas simplement en termes de croissance économique, mais aussi comme moyen pour arriver à mener une existence plus satisfaisante d'un point de vue intellectuel, émotif, moral et spirituel ».

Dans ce contexte, l'Eglise, a conclu Mgr Vegliò, souhaite souligner que « la pleine intégration de chaque minorité est essentielle pour le maintien de la concorde civile et de la démocratie », et elle entend « contribuer à la construction d'une Europe aux traits plus humains, où des valeurs de base comme le respect des droits humains, la paix, la justice, la liberté, la tolérance, la participation et la solidarité, sont protégés ».

Roberta Sciamplicotti