Europe : investir dans l'éducation des pays en développement

Benoît XVI, discours au Corps diplomatique

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1262 clics

Benoît XVI invite l’Europe à « investir dans l’éducation dans les pays en voie de développement de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique Latine », en les aidant notamment « à vaincre la pauvreté et les maladies, comme aussi à réaliser des systèmes de droit équitables et respectueux de la dignité humaine ».

C’est l’invitation du pape formulée lors des vœux du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, qui ont eu lieu hier, 7 janvier 2013, au Vatican. Le pape a tracé un tour du monde des nécessités actuelles pour instaurer la paix (Cf. Zenit du 7 janvier 2013 pour le texte intégral).

L’éducation, facteur de paix

S’arrêtant sur l’Europe, il a souligné que « l’éducation est une voie privilégiée pour la construction de la paix ».

En effet, selon Benoît XVI, la crise économique et financière actuelle est advenue « parce que le profit a été trop souvent absolutisé, au préjudice du travail, et qu’on s’est aventuré sans retenue sur les voies de l’économie financière, plutôt que sur les voies de l’économie réelle ».

Afin de « retrouver le sens du travail et d’un profit qui lui soit proportionné », il a encouragé à « éduquer à résister aux tentations des intérêts particuliers et à court terme, pour s’orienter plutôt vers le bien commun ».

En outre, il a insisté sur l’urgence de « former les leaders, qui, dans l’avenir, guideront les institutions publiques nationales et internationales », faisant observer que « l’Union Européenne a aussi besoin de Représentants clairvoyants et qualifiés ».

De cela dépend son avenir, a estimé le pape, pour qui « seuls, certains pays iront peut-être plus vite, mais, ensemble, tous iront certainement plus loin ».

L’Europe est également invitée à « investir dans l’éducation dans les pays en voie de développement de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique Latine », mais pas de n’importe quelle façon, a-t-il précisé : il s’agit non seulement de "les aider à vaincre la pauvreté et les maladies" mais aussi à "réaliser des systèmes de droit équitables et respectueux de la dignité humaine".

Etant donné que « la justice se réalise seulement s’il y a des personnes justes », il faut par conséquent « éduquer les individus à combattre la corruption, la criminalité, la production et le trafic de la drogue, ainsi qu’à se garder des divisions et des tensions, qui risquent d’épuiser la société, en en entravant le développement et la cohabitation pacifique », a-t-il ajouté.

Respect de la vie humaine

Toujours à l’attention de l’Europe, Benoît XVI a rappelé que « la construction de la paix passe toujours de nouveau par la protection de l’homme et de ses droits fondamentaux ».

Pour le pape, cette tâche doit « être inspirée par la dignité transcendante de la personne humaine et par les principes inscrits dans sa nature », dont « le respect de la vie humaine, dans toutes ses phases ».

Benoît XVI a dénoncé les « équivoques sur la signification des droits de l’homme et des devoirs qui leur sont liés » en Occident, où les droits « sont souvent confondus avec des manifestations exacerbées d’autonomie de la personne, qui devient autoréférentielle, n’est plus ouverte à la rencontre avec Dieu et avec les autres et se replie sur elle-même en ne cherchant à ne satisfaire que ses propres besoins ».

Or, a-t-il ajouté, la défense « authentique » des droits est à l'opposé de cette conception : elle considère « l’homme dans son intégralité personnelle et communautaire ».

Le pape a déploré que divers pays aient « œuvré pour introduire ou pour amplifier des législations qui dépénalisent ou libéralisent l’avortement », soulignant que « l’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen », est « gravement contraire à la loi morale ».

Il a prévenu par avance les critiques : « l’Église catholique ne manque pas de compréhension et de bienveillance, y compris envers la mère. Il s’agit, plutôt, de veiller afin que la loi n’en arrive pas à altérer injustement l’équilibre entre le droit à la vie de la mère et celui de l’enfant à naître, qui appartient à l’un et à l’autre de façon égale ».

Benoît XVI s’est inquiété du « récent arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, relatif à la fécondation in vitro, qui redéfinit arbitrairement le moment de la conception et fragilise la défense de la vie prénatale ».

Mais il a exprimé sa satisfaction « qu’une Résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, en janvier de l’année dernière, ait demandé la prohibition de l’euthanasie, comprise comme un meurtre volontaire, par acte ou par omission, d’un être humain en état de dépendance ».