Europe : l'urgence de la solidarité intergénérationnelle

Sommet de Bruxelles, 12 juillet 2012

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ROME, vendredi 13 juillet 2012 (ZENIT.org) – La « solidarité intergénérationnelle » requière le soutien de l’Union européenne (EU) et des Etats membres afin de surmonter les crises économique et démographique : c’est la conclusion du sommet annuel EU et des religions qui s’est tenu le 1é juillet en Belgique, à Bruxelles.

La solidarité intergénérationnelle était en effet au cœur des discussions du sommet entre les Représentants Religieux et les Institutions européennes. Organisée pour la huitième année consécutive à l’invitation du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, la rencontre était coprésidée par Herman Van Rompuy, président du Conseil européen et par László Surján, vice-président du Parlement européen. Une synthèse publiée par la Commission des épiscopat de l’Union européenne (COMECE).

La Commission européenne entretient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Églises et les communautés religieuses conformément au Traité de Lisbonne qui a inscrit ce dialogue dans le droit primaire (article 17 du TFUE). Ce dialogue se traduit notamment par la rencontre annuelle de haut niveau qui est organisée avec les représentants des communautés religieuses.

Cette année, la Commission européenne a consacré cette rencontre de haut niveau au thème de la «Solidarité intergénérationnelle: vers un cadre pour la société de demain en Europe», puisque 2012 a été désignée «Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle». Les évêques de la COMECE avaient consacré leur Assemblée plénière de printemps à ce même thème et avaient alors rappelé que les générations ne pouvaient pas vivre uniquement pour elles-mêmes mais qu’elles devaient pouvoir compter les unes sur les autres. Le dialogue et la solidarité entre anciennes et jeunes générations est en réalité le fondement du développement humain de nos sociétés : ils sont porteurs d’espérance et d’épanouissement pour chacun, avaient-ils rappelé.

Pour affronter la crise démographique majeure à laquelle est actuellement confrontée l’Europe, Mgr André-Joseph Leonard, Archevêque de Malines-Bruxelles, a suggéré durant la rencontre avec l’UE, que parmi les différentes options envisagées – une politique de soutien aux familles, le recours à l’immigration – le soutien aux familles, en favorisant leur stabilité, constituait la seule option durable pour sortir de la crise (cf. « Documents » pour le texte intégral en français). Ceci implique des avancés courageuses en matière de politique fiscale, d’allocations familiales pour le 3eou 4eenfant et des mesures sociales pour préserver l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle.

Dans ce contexte, Mgr Gianni Ambrosio (Italie), Vice-Président de la COMECE, a souligné la nécessité pour l’Europe et ses Etats Membres de protéger le dimanche comme jour hebdomadaire de repos commun en Europe. « Le repos dominical commun est d’une importance fondamentale, notamment pour la famille, la vie spirituelle de ses membres et pour les relations personnelles, autant au sein de la famille qu’avec la parenté et les amis ». Il a rappelé que les Eglises avaient fait cause commune avec de grandes organisations syndicales et de la société civile pour protéger le dimanche non-travaillé au niveau de la législation de l’UE comme de celle des Etats membres.

Faisant référence à la situation dramatique de l’emploi en Espagne, Mgr Adolfo Gonzales-Montes (délégué espagnol à la COMECE), a dénoncé «  les pratiques politiques irresponsables et immorales qui ont mené en Espagne à sacrifier la jeune génération » qui connaît désormais un taux de chômage de 50%. Il a appelé l’UE à promouvoir des politiques solides et vraiment efficaces pour combattre le chômage des jeunes et a souligné le rôle moteur des fonds européens en la matière, y compris la contribution de l’UE en matière de politiques de la jeunesse.

En Roumanie comme dans de nombreux pays d’Europe de l’Est, les familles sont souvent confrontées au fait que l’un ou les deux parents doivent travailler en Europe de l’ouest pour subvenir aux besoins de leur famille restée au pays, a expliqué Mgr Virgil Bercea (Vice-Président de la COMECE). «  Cela entraîne le délitement de beaucoup de familles et au fait que les enfants grandissent sans l’un de leurs parents, voire les deux, ce qui entraînera d’autres problèmes à long terme pour la société européenne ». Il a appelé les institutions de l’UE à mettre en place des mécanismes spécifiques pour des pays comme la Roumanie, afin de soutenir un développement économique plus rapide qui leur permettrait d’offrir des opportunités d’emploi à leur propres citoyens. «  Ces mécanismes devraient comprendre la transparence sur la dépense publique, des garanties pour un système judiciaire indépendant, l’éradication de la corruption, la protection des droits fondamentaux et de la liberté religieuse ».

Plus de vingt hauts dignitaires des religions chrétienne, musulmane et juive, ainsi que des communautés hindoue et bahá'ie, provenant de toute l'Europe ont été invités par la Commission.