Europe : la fracture entre élus et population

Conseil des conférences épiscopales d'Europe

Rome, (Zenit.org) | 735 clics

Pour un certain nombre de sujets d’actualité en Europe – tels la « manif pour tous » – une « fracture » se dessine « entre la démocratie représentative (les élus) et la démocratie participative (la population qui ne se sent pas représentée) » et cela montre que « le débat social est extrêmement nécessaire » tout en posant « de nouveaux défis pour l'Église ».

C’est la conviction des porte-parole et des attachés de presse du Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE), qui se sont réunis du 12 au 15 juin 2013, à Bucarest, en Roumanie, sous le signe des dix ans de l'exhortation apostolique « Ecclesia in Europa ».

Selon un communiqué, le Prof. Andrea Pin, chercheur et professeur associé de droit constitutionnel, Mgr Piotr Mazurkiewicz, official du Conseil pontifical pour la famille et le Prof. Manfred Spieker, professeur de sciences sociales, sont intervenus.

Ils ont souligné la « multiplication des droits » sur le continent, droits individuels qui sont « le fruit d'une société dans laquelle l'individualisme règne et où tout ce qui est possible doit être rendu licite par le biais de la loi ». Mais ces droits « ne parviennent pas à réaliser ce qu'ils promettent », ont-ils fait remarquer.

En outre, un certain nombre de sujets d’actualité – la théorie du genre, l'euthanasie et le langage de la culture de la mort – empruntent « un langage qui s'inspire du droit (le droit à la santé reproductive pour justifier l'avortement, le droit à l'autodétermination à la mort active assistée pour justifier l'euthanasie) afin d'affirmer une pratique, une culture de la mort qui, en fin de compte, n'est autre qu'une tentative de l'homme de se substituer à Dieu dans son désir d'être maître de la vie au lieu de se limiter à l'administrer ».

Les participants ont également analysé, du point de vue de la communication, « un certain nombre d'initiatives liées à ces sujets, comme par exemple la « manif pour tous » et la campagne de la Conférence épiscopale d'Angleterre en opposition au mariage de personnes du même sexe ».

Ils ont diagnostiqué une « fracture » qui s'est créée dans ces pays « entre la démocratie représentative (les élus) et la démocratie participative (la population qui ne se sent pas représentée) et cela montre que, sur ces sujets, le débat social est extrêmement nécessaire et, en même temps, cela pose de nouveaux défis pour l'Église ».

S’interrogeant sur les défis qui se posent à l'action missionnaire de l'Église aujourd'hui en Europe, ils ont souligné que  « plus que jamais aujourd’hui le message d'espérance de l'exhortation apostolique se montre prophétique et actuel pour l'Europe », qui parait « traverser une saison d'égarement et d'affaiblissement de l'espérance ».

La crise, « qui n'est plus seulement économique mais également culturelle, anthropologique, éthique et spirituelle, constitue une opportunité pour que l'Europe puisse s'affranchir de l'agnosticisme pratique et de l'indifférentisme religieux pour retrouver à nouveau la capacité de décider de son avenir dans la rencontre avec la Personne et avec le message de Jésus-Christ ».

Le défi principal consiste donc à comprendre comment l'Église catholique peut être aux côtés de l’européen d’aujourd’hui, « comment peut-elle l'aider à intégrer le message évangélique dans son expérience quotidienne et comment peut-elle proposer, par de nouvelles paroles, par des instruments modernes même du point de vue de la communication, la Personne de Jésus et les valeurs présentes dans son Évangile ».

Par ailleurs, les participants ont été informés de la situation des chrétiens en Roumanie et de l'engagement de l'Eglise roumaine dans le cadre des communications sociales. « Pont entre l'Orient et l'Occident », la Roumanie est « une réalité particulière et très complexe où cohabitent, non pas sans tensions, plusieurs confessions chrétiennes ». Au fil des dernières années, les diocèses catholiques ont beaucoup investi dans la communication, grâce notamment aux nouveaux moyens de communication sociaux et à Internet.