Europe : La Hongrie a-t-elle le droit de défendre la vie ?

S’opposer à l’avortement est « un droit », souligne Carlo Casini

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ROME, Mercredi 6 juillet 2011 (ZENIT.org) – Malgré la chute dévastatrice des naissances qui frappe l’Europe, les institutions communautaires continuent à professer et pratiquer une idéologie contraire à la vie naissante, au point que les États membres de l’Union européenne ne peuvent utiliser les fonds communautaires pour des campagnes cherchant à limiter les avortements.

C’est le cas pour la Hongrie qui se bat contre l’avortement sur son territoire, en se servant des fonds du programme de solidarité sociale, « Programme Progress » de l’agenda social européen. Cette affaire a déclenché les critiques de Bruxelles qui menace d’en « tirer les conclusions qui s’imposent ».

« Je comprends bien que tu n’es pas prête pour moi, mais je t’en prie : donne-moi en adoption. Fais-moi vivre », est ce que l’on peut lire, en Hongrie, sur les affiches montrant la photo d’un enfant encore à naître. Ces affiches qui font polémique ontsuscité la réaction de la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, qui a rappelé récemment que « les États membres ne peuvent utiliser des fonds européens pour financer des campagnes contre l’avortement ».

« Cette campagne va à l'encontre des valeurs européennes, a déclaré Viviane Reding. Nous demandons le remboursements des financements européens dans les plus brefs délais », a-t-elle déclaré en invitant la Hongrie à « stopper immédiatement la campagne et à retirer toutes les affiches », si elle ne veut pas risquer de sanctions financières.

Dans une réaction recueillie par ZENIT, le président de la Commission chargée des affaires constitutionnelles du parlement européen, Carlo Casini, a estimé que « la réponse de Viviane Reding a été décevante et vague », dans la mesure où « au lieu de rappeler que la valeur de la dignité humaine, qui est la même pour tous, est la valeur de base de l’Union européenne, a préféré utiliser des expressions sujettes à interprétation comme si l’avortement était une valeur européenne ».

A propos d’un éventuel ordre de retrait des affiches, Carlo Casini a commenté : « S’il est vrai que les fonds ont été utilisés pour une campagne que l’UE n’apprécie pas, il suffisait de demander l’élimination du logo de Progress et demander la restitution des sommes versées ».

« Cela dit, a-t-il ajouté, la Commission ne peut certes pas ordonner que ne soit pas diffusé un message qui avait déjà été la devise de Mère Teresa de Calcutta, prix Nobel de la Paix : 'adoption, not abortion' ».

Le vrai problème, selon Carlo Casini, est « pourquoi la Campagne Progress ne peut comprendre des initiatives pro-vie, dans une Europe qui, par le passé, n’a pas eu le courage de refuser des financements à des organisations qui faisaient de la propagande pour l’avortement dans le monde entier ? ».

Mais Carlo Casini a soulevé aussi la question de l’adoption qui, rappelle-t-il est une question sociale. Alors pourquoi ne pas la considérer comme telle, sachant qu’elle est un moyen pour combattre le vieillissement de la population et offrir à ceux qui ne peuvent pas avoir d’enfants l’opportunité de devenir parents.

Sans compter, selon lui, que « la suppression d’enfants encore à naître est probablement la plus grave des discriminations ». « Pourquoi ne pas leur offrir une 'opportunité' » s’est-il exclamé.

Antonio Gaspari