Europe: la liberté d'éducation, clef de la sortie de crise

Marche de l'Ecole catholique, intervention du card. Scola

Rome, (Zenit.org) | 677 clics

« Ce n’est pas l’hégémonie que nous voulons, ni des privilèges que nous demandons, mais la possibilité de grandir en harmonie avec l’école publique », a déclaré, samedi 13 avril 2013, l’archevêque de Milan, le cardinal Angelo Scola,  à la XXXIème Marche de l’école catholique intitulée: « Andemn al Domn ».

La marche, organisée par le service pour la pastorale scolaire du diocèse de Milan, a rassemblé 30.000 personnes, dont pour la première fois des familles catholiques ayant inscrit leurs enfants à l’école publique, et elle avait pour thème : «  L’avenir de l’Europe ? Il dépend de la liberté d’éducation ».

Après avoir remercié les élèves, qui sont la « raison d’être de l’école », les enseignants et les parents, le cardinal Scola a souligné le « poids » que doivent soutenir les familles pour permettre à leurs enfants d’avoir une éducation faite de « beauté, de vérité et de bonté. Un poids qui arrive à toucher leurs poches », a-t-il précisé sur la place de la Cathédrale.

L’archevêque de Milan s’est adressé en particulier aux représentants des institutions, rappelant que ces familles veulent coopérer à la physionomie d’une école libre et publique.

« Publique », a-t-il précisé, n’est pas uniquement ce qui vient de l’Etat, mais tout ce qui naît pour le peuple ».

Il a alors indiqué du doigt une banderole agitée par les manifestants sur la place, reproduisant le drapeau européen et l’inscription « Liberté d’éducation »,  expliquant que ces deux mots « liberté » et « éducation » sont les piliers indispensables pour réaliser une Europe digne de ce nom : « ou elle se réalise ou elle ne se réalise pas  et engendre alors ce mal-être de la civilisation qui conduit à la décadence. Nous avons besoin d’une vraie liberté d’éducation pour sortir de la crise », a conclu l’archevêque.

Sur le podium, juste avec le cardinal Scola, est intervenu Pierre Marsollier, le directeur général des Ecoles catholiques de France, représentant la Conférence épiscopale pour les relations avec l’Etat, qui a illustré le « paradoxe français ».

Traduction d'Océane Le Gall

La France, a-t-il dit, qui avait chassé les congrégations religieuses de l’école et les ministres du culte de l’enseignement public, a réussi dans les années 60 à trouver un équilibre entre la liberté pédagogique dans les écoles et la liberté pour les familles de choisir sur la base du principe de la parité, reconnaissant donc une égalité au niveau financier pour chaque étudiant français.

« L’Etat verse aux écoles catholiques une quote-part équivalent au coût de chaque étudiant », a-t-il expliqué. 

En Lombardie, sur un million d’élèves, un tiers d’entre eux (334.000) fréquente les écoles catholiques. Les coûts que doivent soutenir les familles varient entre 1.500 euro par an pour les écoles maternelles et 3.000 euro pour les écoles du supérieur.