Europe : Les chrétiens préoccupés par la politique de migration et d'asile

Déclaration de la COMECE

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ROME, Mercredi 15 juin 2005 (ZENIT.org) – Des organisations chrétiennes européennes et des évêques réclament « une évaluation de la mise en application des lois et des procédures existantes » en matière d’immigration et demandent « d’éviter la détention des demandeurs d’asile ».



Les organisations chrétiennes et les évêques catholiques soulignent leurs préoccupations concernant la politique de migration et d'asile dans le cadre du Plan d'Action de l'UE pour la Liberté, la Sécurité et la Justice, indique la Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne (COMECE, www.comece.org).

Six organisations chrétiennes et de l’Église travaillant dans le domaine de la politique de migration et d’asile ont en effet adressé, le 15 juin, une lettre au Président du Conseil européen, M. Jean-Claude Juncker, pour exprimer leurs préoccupations à la suite du « plan d’action » du Programme de La Haye qui sera soumis à l’approbation du Conseil européen des 16 et 17 juin à Bruxelles.

Ces six organisations sont « Caritas Europe », la Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne (COMECE), la Commission des Eglises pour les Migrations en Europe (CCME), la Commission internationale catholique pour les Migrations (ICMC), le Service jésuite des Réfugiés (JRS) et le Concile Quaker pour les Affaires européennes.

Elles ont accueilli favorablement, souligne le communiqué, « les efforts visant à établir un système de migration et d’asile commun en Europe ». Mais elles soulignent l’importance « d’orienter une telle politique autour de la dignité et des droits inaliénables de l’être humain ».

Ces organisations réclament « une évaluation de la mise en application des lois et des procédures existantes dans ce domaine de la politique ».

« Établir une procédure européenne commune et un statut uniforme pour les personnes bénéficiant de l’asile ou d’une protection subsidiaire avant 2010 est un pas en avant », déclarent les associations chrétiennes.

Elles recommandent que ce statut soit établi sur base d’un accord » sur des standards communs plus ambitieux que ces standards minimums » qui faisaient office de normes dans les anciennes directives.

Les organisations demandent donc que la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne « devienne dès que possible juridiquement contraignante, afin de garantir les droits d’asile », de façon à « éviter la détention des demandeurs d’asile ».

La lettre à M. Junker souligne en outre « la nécessité d’une politique de migration professionnelle entièrement développée qui tienne compte de la migration régulière et irrégulière, du travail qualifié et non qualifié, et surtout qui suivent les objectifs de la stratégie de Lisbonne ».

Les six organisations signataires déplorent « la criminalisation de travailleurs irréguliers et la criminalisation ou la persécution qui s’ensuit envers les églises, leurs organisations et les ONGs qui leur viennent en aide ».

Elles en appellent à « une meilleure protection dans ce domaine, avec une attention et une protection particulières pour les migrants qui ont été exploités ou ont fait l’objet d’un trafic ».

Elles insistent, en outre, pour que « la dignité et les droits humains des migrants irréguliers soient respectés et observés ».

En ce qui concerne la politique commune de retours et d’éloignement, les six organisations lancent un appel pour « une politique compréhensive et juste qui n’expulse pas les migrants après cinq ans de séjour légal, et qui soutienne ceux qui souhaitent retourner volontairement dans leur pays d’origine ».

Enfin, ces organisations chrétiennes recommandent « une politique d’intégration, qui, bien qu’elle soit en dehors de la juridiction de l’UE, doit être développée pour aider les États membres à réaliser l’intégration comme un processus réciproque à la fois pour les migrants et pour la société d’accueil ».

« Une meilleure compréhension et une meilleure participation publique serait un moyen de répondre aux besoins d’une société de plus en plus diversifiée », insistent les signataires.