Europe : les évêques demandent plus de solidarité

Déclaration de la COMECE en vue des élections

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 349 clics

Les évêques d’Europe appellent à voter lors des élections européennes en mai prochain, en faisant la liste de points d’attention pour construire un continent « centré sur la solidarité » : le souci des plus pauvres, le respect de l’environnement, l’intégration des migrants et la protection de la vie humaine.

Le cardinal Reinhard Marx, président de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (COMECE), a ouvert l'assemblée plénière de printemps de la COMECE, qui a lieu du 19 au 21 mars 2014 à Bruxelles.

Lors de ces journées, les participants se pencheront sur « l'Union européenne telle qu’elle est considérée à travers le prisme extérieur : comment elle est vue de l'autre côté de l'Atlantique par les Etats-Unis, par l’Orient et par les instances internationales ».

Dans son introduction, le cardinal Marx a longuement évoqué les « bouleversements survenus en Ukraine », entre autres les « graves affrontements pour la conquête du pouvoir » et « l’invasion russe de la Crimée, en violation du droit international ».

« Tout cela ne peut nous laisser indifférents », a-t-il affirmé, en faisant observer que les événements de Crimée avaient « plongé l’Europe dans une situation des plus délicates en politique étrangère ».

Le cardinal a diagnostiqué dans les changements qui s’opèrent en Ukraine « un engagement en faveur d’une orientation européenne du pays » qui « lance un défi » aux membres de l’Union européenne : « Qu’en est-il de notre engagement pour l’Europe ?... La question se pose de savoir si nous ne sommes pas devenus trop fatigués et paresseux pour nous inquiéter des intérêts politiques de l’Europe », a-t-il estimé.

En écho à sa remise en question, les évêques de la COMECE ont publié ce 20 mars une déclaration en vue des prochaines élections européennes (22-25 mai 2014). Ils y réaffirment leur soutien au projet européen et encouragent tous les citoyens de l'UE non seulement à se rendre aux urnes, mais aussi à engager un dialogue constructif, durant la campagne, avec leurs députés européens et les candidats à un mandat.

Ils pointent également des « questions importantes » qui devraient préoccuper les chrétiens et tous les hommes et femmes de bonne volonté qui se soucient de l'Europe de demain, à commencer par « la crise économique et bancaire qui a débuté en 2008 » et à cause de laquelle « le nombre de ‘nouveaux pauvres’ est en train de croître de manière alarmante ».

Dans ce contexte, ils plaident pour « une culture de retenue » où les Européens sont invités à « apprendre à vivre avec moins et, par là même, veiller à ce que les personnes qui vivent dans la vraie pauvreté obtiennent une meilleure part ».

Appelant de leurs vœux la construction d’un « monde nouveau centré sur la solidarité », les évêques demandent que ce principe « guide les politiques menées à tous les niveaux de l’UE ».

Ils rappellent également « la responsabilité de l’accueil et de l’intégration des migrants » et l’importance de la liberté religieuse comme « élément fondamental d’une société tolérante et ouverte ».

Face au « changement démographique » des prochaines années, ils plaident « en faveur des concitoyens âgés, afin qu’ils aient accès au niveau et à la qualité de soins auxquels ils ont droit », mais aussi « pour la mise en place de politiques qui créent de nouvelles opportunités pour la jeune génération ».

« La vie humaine doit être protégée de la conception à la mort naturelle. La famille, qui est la composante de base de la société, doit bénéficier de la même protection », ajoute la note.

Les évêques soulignent aussi la responsabilité vis-à-vis de l’écologie, invitant notamment à « atteindre les objectifs d’émissions de CO2 » et à faire de la durabilité « un élément fondamental de toute politique de développement ».

Ils exhortent à « veiller à ce que les démarches de plus en plus nombreuses visant à l’unité au sein de l’UE ne sacrifient pas le principe de subsidiarité, ni ne compromettent les traditions bien établies qui prévalent dans tant d’Etats membres ».

Enfin, ils soutiennent « toutes les mesures qui peuvent être prises pour protéger un jour de repos commun hebdomadaire, qui est le dimanche ».