Europe: Les monothéismes rejettent les expressions extrémistes de la foi

Les monothéismes en Europe pour "La Paix de Dieu dans le monde"

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CITE DU VATICAN, Vendredi 21 décembre 2001 () - "Les expressions extrémistes de la foi ne reflètent pas l´enseignement" des religions monothéistes. Quatre-vingt responsables religieux, chrétiens, juifs et musulmans, ont ainsi lancé, jeudi 20 décembre, depuis Bruxelles, un appel énergique à ne jamais utiliser la foi pour justifier la haine et la violence, lors de la conclusion du sommet "La Paix de Dieu dans le monde" des religions monothéistes en Europe.



La rencontre a duré deux jours, les 19 et 20 décembre, et elle a eu lieu au siège de l´Union européenne. Elle était placée sous les auspices du patriarche œcuménique, Batholomaios Ier, et du président de la Commission européenne, M. Romano Prodi. A l´invitation du patriarche œcuménique étaient présents à Bruxelles trois cardinaux chefs de dicastères romains: François-Xavier Nguyên Van Thuân (Justice et Paix), Walter Kasper (Unité des chrétiens) et Francis Arinze (Dialogue interreligieux).

L´appel final du congrès rappelle les attentats contre les Etats-Unis et la situation en Terre Sainte. "Nous avons débattu, explique la déclaration, en esprit de bonne volonté et de sincérité l´état spirituel de l´humanité du point de vue du judaïsme, du christianisme et de l´Islam. En reconnaissant que dans l´histoire du genre humain, de grandes communautés religieuses ont commis des crimes contre l´humanité, nous déclarons que les expressions extrémistes de la foi ne reflètent pas l´enseignement de ces religions".

La déclaraton s´appuie sur les textes précédents de la déclaration de Berne (1992) et du Bosphore (1994) qui affirmaient: "Un crime commis au nom de la religion est un crime contre la religion".

Le vrai rôle de la religions, indique encore la déclaration finale, est "d´apporter au monde la paix de Dieu, pour empêcher que la force de la foi soit utilisée à des fins qui n´ont rien à voir avec son rôle".

Les signataires rappellent qu´il faut s´attaquer aux "causes des tensions locales et régionales, et spécialement dans les pays en voie de développement". En même temps, ils réaffirment que des situations d´injustice ne peuvent justifier des actes détruisant des êtres humains.

La déclaration de Bruxelles continent aussi une condamnation unanime des thèses selon lesquelles la religion conduit à un inévitable "choc des civilisations" et, au contraire, elle souligne le "rôle constructif et éducatif du dialogue entre les civilisation".

Mais le document ne se contente pas de déclaration. Il annonce un "Plan d´action" prévoyant entre autres un congrès visant à favoriser la compréhension entre lles différentes communautés religieuses et des initiatives interconfessionnelles et interculturelles.

Cette "Déclaration commune" a été présentée par le patriarche d´Antioche Ignace IV, en présence du président Prodi.

Le président Prodi est intervenu pour affirmer que les valeurs de la déclaration se trouvent au centre de la conception civile et politique de l´Union européenne, et que les Eglises et les religions doivent également participer à la réforme des institutions de l´Union jusqu´à une constitution européenne".

La présentation de la déclaration a été suivie d´un débat modéré par le cardinal Arinze.

Le cardinal Kasper avait lu le message de Jean-Paul II, le 19 décembre, attirant l´attention des congressistes sur les engagements pouvant conduire au "renouvellement général du cœur des personnes et des relations entre les peuples".

Le pape insistait sur le thème de son message du 1er janvier prochain pour la paix: l´importance du pardon et de la justice. "Ce n´est que par le pardon réciproque et par notre volonté d´instaurer la justice que nous pourrons faire resplendir la nature sacrée de l´homme et de sa dignité".

Le congrès a également accueilli un message du secrétaire général de l´ONU, M. Kofi Annan, et du président George W. Bush sur "La coexistence pacifique et la collaboration entre les religions monothéistes".

Parmi les participants du congrès, se trouvaient le ministre belge des Affaires étrangères, M. Louis Michel, les commissaires européennes Anna Diamantopolou (Affaires sociales) et Viviane Reding (Education et culture), le Rév. Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil mondial des Eglises, le prince El Hassan Bin Talal, oncle du roi de Jordanie, le Cheikh Ahmed Kuftaro, grand mufti de Damas (celui-là même qui a accueilli Jean-Paul II à la grande mosquée de Damas), des représentant du "Congrès juif mondial", et le grand rabbin de France, René-Samuel Sirat.

Etaient également présents à Bruxelles, côté catholique, des représentants du Conseil des conférences épiscopales d´Europe (CCEE) et de la COM.E.C.E. (Commission de l’épiscopat de la Communauté européenne), ainsi que des experts catholiques invités ad personam.