Europe/Parlement: Religieuses victimes d´abus, poursuites judiciaires?

Un dossier ecclésial arrive au Parlement européen

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ROME, Mercredi 4 avril 2001 (ZENIT.org) - Une résolution d´urgence au Parlement européen demande que les auteurs d´abus sexuels contre des religieuses catholiques soient poursuivis en justice dans leurs pays.



Une proposition de résolution de compromis sera présentée demain après-midi, 5 avril, au Parlement européen "sur les violences sexuelles à l´encontre des femmes, et notamment des religieuses catholiques", à l´initiative de Elly Plooij-van Gorsel, Cecilia Malmstrom et Lousewies van der Laan (groupe ELD).

Ce faisant, elles portent devant l´opinion publique un dossier ecclésial alors que le Saint-Siège est en train de travailler avec les évêques, l´Union des Supérieurs Généraux et l´Union Internationale des Supérieures Générales pour résoudre les cas d´abus sexuels commis par des prêtres ou des missionnaires sur des religieuses, comme l´indiquait une déclaration de M. Joaquin Navarro Valls, porte-parole du Saint-Siège, du 20 mars. Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège rappelait que ces faits ne doivent pas faire oublier la "fidélité" de la "très grande majorité" des religieux, des prêtres, des missionnaires. L´agence "Vidimus Dominum" avait recueilli plusieurs réactions à ce sujet.

La proposition qui sera présentée demain cite le rapport apparu dans la revue américaine "National Catholic Reporter", faisant état de "viols perpétrés par des prêtres à l´encontre de religieuses catholiques"

Et rappelle "qu’à partir de 1994 au moins cinq rapports sur ce thème ont été remis au Vatican" et que, "selon ces rapports, plusieurs des religieuses qui ont été violées ont été forcées aussi à l´avortement, à la démission ou dans certains cas contaminées par le SIDA".

L´abus sexuel constituant un "crime contre la personne humaine", la proposition réclame que les auteurs de ces crimes soient "traduits en justice" et demande aux autorités judiciaires "des 23 pays cités dans les rapports" d´assurer que toute la lumière soit faite.

Elle réclame également que soit rendu public l´ensemble du contenu des cinq rapports cités par le "National Catholic Reporter".

Enfin, la proposition de sa Présidente de transmettre cette résolution au Conseil, à la Commission, aux autorités du Saint-Siège, au Conseil de l’Europe, à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, aux gouvernements du Botswana, Burundi, Brasil, Colombie, Ghana, Inde, Irlande, Italie Kenya, Lesotho, Malawi, Nigeria, Papua-Nouvelle Guinée, Philippines, Afrique du Sud, Sierra Leone, Uganda, Tanzanie, Tonga, Etats-Unis d’Amérique, Zambie, République Démocratique du Congo, Zimbabwe.

Un communiqué conjoint de l´Union des Supérieurs Généraux (USG) et de l´Union internationale des Supérieures Générales (UISG), une lettre de Soeur Rita Burley, Présidente de l´UISG, à toutes les Congrégations féminines, et surtout des initiatives concrètes pour soutenir les religieuses victimes des abus: l´agence "Vidimus Dominum" (http://www.vidimusdominum.org) résumait ainsi le 22 mars les "réactions des religieux et des religieuses aux articles qui ont mis en lumière l´existence d´abus sexuels commis par des évêques et des prêtres sur des religieuses, notamment en Afrique".

Soeur Rita Burley, Présidente de l´UISG, indiquait l´agence spécialisée dans l´information sur la vie consacrée, a envoyé une lettre à toutes les Maisons Générales des religieuses afin d´expliquer ce qui s´est passé, à savoir les indiscrétions journalistiques causées par la sortie des textes des réunions où l´on affrontait ouvertement le problème. Les documents publiés vont de 1995 à 1998, mais même au cours de ces dernières années il paraît que des cas se sont vérifiés, et non seulement en Afrique mais dans d´autres pays, par exemple en Inde et aux Philippines.

C´est "une problématique qui nous préoccupe, certes", déclarait pour sa part Frère Alavaro Rodriguez, Président de l´USG, dans un entretien à Radio Vatican, en confirmant toutefois que les religieux et les religieuses, au niveau le plus élevé, ne sont pas restés insensibles et qu´ils sont en train d´examiner les moyens d´aider les victimes. Les manières concrètes de procéder sont notamment deux. La première concerne le secteur de la formation, pour aider les religieux et les religieuses à vivre leur consécration. La deuxième, beaucoup plus concrète, touche de près les victimes: elle consiste ne la récupération psychologique des victimes.

Pour plus d´informations, on peut consulter "Vidimus Dominum" qui a publié d´autres réactions les 21 et 22 mars.