Europe: rencontre des prêtres gréco-catholiques roumains

Une pastorale dans l'esprit oecuménique de Vatican II

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Riccardo Burigana

Traduction d’Hélène Ginabat

ROME, vendredi 7 septembre 2012 (ZENIT.org) – L’Eglise doit être unie pour « surmonter les préjugés historiques et les aspérités idéologiques » qui sont un frein à la nouvelle évangélisation de l’Europe. C’est ce que voulait montrer le tout récent rendez-vous annuel des prêtres gréco-catholiques roumains d'Europe dont parle L’Osservatore Romano en italien dans un article publié le 6 septembre 2012.

« Il s’agit d’un temps de formation et de rencontre pour renforcer encore notre engagement dans une pastorale dirigée vers les nombreux Roumains gréco-catholiques qui vivent en Europe occidentale, dans un esprit œcuménique ».

C’est ce qu’a expliqué le P. Vasile Barbolovici, doyen des communautés gréco-catholiques roumaines de l’est de l’Italie, à l’occasion de la rencontre européenne qui s’est tenue du 3 au 6 septembre à l’Institut des études œcuméniques Saint-Bernardin à Venise.

Ce rendez-vous fait partie d’un parcours de formation permanente pensé pour les prêtres gréco-catholiques roumains qui vivent en Europe occidentale, afin de leur offrir, chaque année, un temps d’approfondissement théologique et pastoral. Dès la première de ces rencontres annuelles, une attention particulière a été accordée à la dimension œcuménique de la présence gréco-catholique roumaine en occident.

En effet, comme l’a rappelé le P. Barbalovici, il ne s’agit pas simplement de témoigner des richesses spirituelles et théologiques du christianisme oriental pour permettre une meilleure compréhension de la manière dont on peut vivre l’unité dans la diversité ; l’objectif est aussi de montrer combien l’unité de l’Eglise peut aider à surmonter les préjugés historiques et les aspérités idéologiques qui risquent de compromettre l’efficacité de l’annonce de l’évangile dans la société européenne.

La rencontre de Venise, qui constitue la troisième étape de ce parcours de formation et de confrontation, a été présidée par Mgr Virgil Bercea, évêque d’Oradea Mare, en Roumanie, qui est particulièrement engagé dans la promotion de la connaissance de la tradition gréco-catholique roumaine en Europe. Cette tradition, comme il est notoire, a traversé une période de persécution et de souffrance de 1948 jusqu’à la chute du communisme en Roumanie.

Le rendez-vous s’est déroulé en trois temps d’approfondissement : le premier sur l’histoire de l’Eglise, le second de caractère théologique et le troisième sur le droit canon. Le temps consacré à  l’histoire s’est caractérisé par une réflexion sur la participation de l’Eglise gréco-catholique roumaine au concile Vatican II : il s’agissait d’une participation circonscrite précisément par les conditions dans lesquelles l’Eglise était contrainte de vivre dans les années du concile, avec ses églises confisquées, ses prêtres et ses fidèles en prison ou en exil, au point que l’on comptait déjà de nombreux martyrs de la foi.

Dans un second temps, le thème de la « mission » de l’Eglise gréco-catholique roumaine dans le contexte social actuel a été abordé, avec une attention particulière sur les relations avec le monde orthodoxe, « pour comprendre, d’un point de vue théologique, quel doit être le rôle des gréco-catholiques roumains dans la promotion du dialogue œcuménique ».

La rencontre est partie d’une analyse du concile de Florence et de sa tradition en orient, « dans la mesure où il représente encore un point de référence, en particulier pour les lectures qui en ont été faites pendant des siècles, souvent sous une forme qui a permis d’approfondir les distances entre chrétiens de traditions différentes ».

On est ensuite passé à l’ecclésiologie de Vatican II où s’est manifestée « une attention renouvelée envers l’Eglise locale et son rapport avec l’Eglise universelle ». Sur ce point, le franciscain Roberto Giraldo, président de l’Institut des études œcuméniques Saint-Bernardin, a proposé une réflexion sur l’actualité de l’ecclésiologie conciliaire en lien avec les pas effectués plus récemment par le dialogue œcuménique. Il a souligné qu’il faut « toujours se souvenir, et encore plus dans les difficultés actuelles, que le dialogue œcuménique exige la conversion et la prière quotidienne à commencer par sa propre communauté ».

Enfin, le troisième temps a été consacré à une réflexion sur l’institution ecclésiastique des communautés de fidèles orientaux en territoire latin, dans la perspective du droit canon.

Le cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, a développé ce thème à partir de l’analyse des décisions prises par le Saint-Siège au cours des dernières décennies, devant la présence de plus en plus nombreuse de fidèles de rite oriental dans les pays de tradition latine. Ces nouvelles présences ont lancé un « défi » auquel le droit canon a cherché, et cherche encore à donner des réponses afin de mettre toujours plus en lumière la richesse que sont ces nouvelles présences pour la vie de l’Eglise catholique.

A côté de ces temps d’approfondissement de l’histoire, de la théologie et du droit canon, des moments de partages d’expériences ont été prévus pour faire grandir la communion entre les participants. Ceux-ci constituent en effet « les prêtres d’une grande paroisse européenne » enracinée dans des réalités locales singulières, mais fidèle à sa propre tradition roumaine. Pour souligner précisément « cette double dimension de l’expérience des communautés gréco-catholiques roumaines en Europe », la rencontre a été caractérisée par des moments de prière en rite byzantin ou en rite latin, et par la visite de plusieurs lieux de spiritualité chrétienne à Venise.