Europe : un million de nouveaux « esclaves »

Combattre l'exploitation sexuelle et le travail forcé

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Océane Le Gall

ROME, lundi 16 juillet 2012 (ZENIT.org) – Selon de nouvelles estimations publiées par l’organisation internationale du Travail (OIT), 880.000 personnes sont victimes d’exploitations sexuelles et du travail forcé dans les États membres de l'Union européenne (UE).

De telles situations sont régulièrement dénoncées soit par le Saint-Siège à l’ONU soit par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, qui promeut des initiatives pour venir en aide à ces personnes.

Statistiquement, Les femmes constituent la grande majorité des victimes (58%). Celles-ci proviennent notamment d’Asie, d’Afrique et de pays du centre et du sud-est de l’Europe.

« Les victimes sont attirées par de fausses offres d’emploi et découvrent très vite que les conditions de travail sont bien pires que ce qu'elles avaient espéré. Beaucoup d'entre elles sont en situation irrégulière et ont un pouvoir de négociation très limitée », a dénoncé Beate Andrees, la directrice du Programme d’Action Spéciale pour combattre le travail forcé de l'OIT, en présentant ce rapport.

L'enquête de l’OIT fait également état de nombreux cas d’adultes et enfants forcés à exercer des activités économiques illicites ou informelles, comme la mendicité surtout.

Beate Andrees se dit inquiète d’un phénomène qui  « prend de l’ampleur même durant la crise économique, accentuant la vulnérabilité des personnes face à de tels abus ».

L’OIT rappelle par ailleurs que ces dernières années, les États membres de l'UE ont progressivement adopté une approche plus globale dans leur lutte contre la traite d’êtres humains pour l’exploitation du travail et l’exploitation sexuelle. L’OIT, en coopération avec les gouvernements allemand, portugais, italien, polonais, français, roumain et britannique, a effectué des recherches sur les mécanismes de recrutement, de tromperie et d'abus dans les secteurs vulnérables à la traite d’êtres humains, permettant ainsi d’enregistrer des progrès sensibles dans la mise au point d’outils visant à lutter contre ce phénomène.

Le rapport de l’OIT ajoute qu’en Europe, surtout dans des pays comme l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et le Portugal, on enregistre un renforcement de la capacité des inspecteurs du travail à signaler les cas de travail forcé.

Néanmoins, à la lumière de ces nouveaux chiffres frappants, Beate Andrees invite à redoubler d’efforts. «  L’attention devrait dorénavant se porter sur une meilleure identification et une poursuite plus efficace du travail forcé et des délits connexes tels que la traite humaine », déclare-t-elle, soulignant que   « réussir à mener des poursuites à l’encontre des quelques individus qui entraînent dans la misère tant de victimes demeure difficile ». « Cela doit changer ! », s’est exclamée la directrice du programme d’action de l’OIT.

L’OIT a publié le rapport La crise de l’emploi dans la zone Euro : tendances et réponses politiques, selon lequel le nombre des chômeurs dans la zone Euro pourrait passer des 17,4 millions actuels à 22 millions les 4 prochaines années.

Le rapport prévient que, si les politiques des pays de la monnaie unique ne changent pas de cap, de nouvelles difficultés apparaîtront, aussi bien dans les pays actuellement sous pression que dans les pays dans les pays où la situation est plus stable.