Faire connaître l´amour de Dieu par la justice et par la paix

Intervention du patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah

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CITE DU VATICAN, Jeudi 4 octobre 2001 (ZENIT.org) - L´évêque a pour tâche de "faire connaître l´amour de Dieu" par "la justice et par la paix, quitte à marcher à "contre-courant", affirme le patriarche Michel Sabbah. Il a aussi abordé la question de Jérusalem, condamné le terrorisme, évoqué "le sort du peuple palestinien", et dénoncé l´embargo contre l´Irak.



Ces thèmes ont été développés au synode par le patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, lors de la Ve congrégation générale, le mercredi 3 octobre, après-midi.

"C´est dans le domaine de la justice et la paix, où règnent souvent la haine et la mort que 1´évêque est invité à faire connaître l´amour de Dieu pour toute personne humaine et pour tout peuple indistinctement, fort ou faible, pauvre ou riche".

"Mais cela demande parfois à l´évêque d´aller à contre-courant d´une position régionale ou même d´une opinion publique mondiale. Il est cependant requis de l´évêque d´être le prophète qui fasse arriver la parole juste à l´oppresseur comme à l´opprimé. Un comportement qui peut être parfois difficile. C´est pourquoi, il peut faiblir et se contenter de consoler le faible et de manifester sa sympathie, alors qu´il a manqué de courage et qu´il a eu peur de recourir à l´action nécessaire à l´égard du fort pour l´aider à voir la justice et à agir en conséquence".

Le patriarche souhaite que Jérusalem devienne un "centre de paix et de réconciliation". "De Jérusalem part la Parole de Dieu, mais aussi de Jérusalem part la guerre ou la paix. Jérusalem étant la ville des racines pour toute Eglise, donc pour tout évêque, tous ont le devoir de faire de Jérusalem le centre de la paix et de la réconciliation des hommes entre eux".

Pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme et l´identification des "racines du mal", l´évêque a également un "devoir", continue le patriarche. "Il est du devoir de l´Evêque d´aider la société humaine dans la lutte contre le terrorisme; il est de son devoir de l´aider à identifier les racines du mal: à savoir, les injustices politiques, dont par exemple le sort du peuple palestinien, dont par exemple l´embargo sur l´Iraq qui rend la vie inhumaine à des millions de personnes innocentes, et toutes sortes d´injustices sociales qui divisent le monde en pays riches et en pays pauvres. Ce sont là les causes profondes du terrorisme et auxquelles l´évêque devrait aider la communauté internationale à avoir le courage de faire face et de porter remède".

Et de conclure: "Il est du devoir de l´évêque, partout où il est, d´être le prophète qui manifeste le visage de Dieu, aux forts comme aux faibles, aux grands comme aux petits".