Faire de la politique une Bonne Nouvelle

Par le P. Rougé présent à la session de La Baume (21-29 août)

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ROME, Lundi 23 août 2010 (ZENIT.org) - « La politique, une Bonne Nouvelle » : une session sur ce thème se tient actuellement en France, à La Baume (Aix-en-Provence, 21 au 29 août 2010), rappelle le site de l'Eglise catholique en France. Elle réunit une centaine de jeunes de 20 à 35 ans pour échanger, débattre, se former à la politique. Au programme : conférences, forums, ateliers, jeux de rôle et de situation, échanges et temps personnels, prière et célébrations, sans oublier la détente : sport, visites, sieste...

Le directeur du Service pastoral d'études politiques (SPEP), le Père Matthieu Rougé, participe pour la première fois à cette session. Il a répondu aux questions du site de la conférence des évêques de France (Cef).

Cef - Comment l'abordez-vous et en quoi consistera votre participation ?

P. Matthieu Rougé - J'en ai entendu parler depuis longtemps et j'ai eu l'occasion d'en discuter avec plusieurs jeunes qui ont suivi cette session. J'ai même eu un excellent stagiaire qui avait connu le SPEP par « La politique, une Bonne Nouvelle ». Je viens donc avec un a priori très positif, comme pour toutes les sessions - finalement nombreuses aujourd'hui - dont l'objectif est de former les jeunes chrétiens à l'engagement politique. Je dois surtout donner un témoignage sur ma mission pastorale auprès des parlementaires et du monde politique et partager les réflexions qu'elle me suggère sur le juste rapport entre la foi et l'engagement politique, en particulier dans notre pays aujourd'hui. J'ai vu qu'il y avait un volet « témoignages » avec des hommes engagés en politique et un volet « formation » par un certain nombre de jésuites extrêmement compétents. Il me semble souhaitable qu'il y ait ainsi des temps de formation spirituelle et de ressourcement. Je crois que la clé d'un engagement fécond des chrétiens en politique, c'est la formation aussi bien « intellectuelle » que spirituelle, parce qu'il faut du courage et de la liberté intérieure pour être un chrétien en politique.

Cef - Lancée en 1996, cette session a-t-elle toujours du sens ?

P. Matthieu Rougé - Je pense que c'est un lieu commun de le dire mais il y a quand même une forme de discrédit du politique. En même temps, il reste un désir, chez beaucoup de chrétiens, plus que chez d'autres encore, de servir la collectivité. A l'évidence, il y a beaucoup de choses à faire pour plus de justice et de vérité dans l'espace public. La vie politique est telle, qu'on ne peut pas s'y engager de manière féconde, simplement avec de la bonne volonté. Il faut une réflexion, une formation, une compréhension des mécanismes de la responsabilité, de l'action publique et de la doctrine sociale de l'Eglise qui permet de ne pas en rester à une sorte de « café du commerce » mais d'avoir vraiment des convictions, à la fois ajustées et opératoires.

Cef - Quelles sont vos attentes ?

P. Matthieu Rougé - J'attends de cette session qu'elle donne le goût et les moyens de l'engagement à des jeunes aussi nombreux que possible, à tous les niveaux. Aussi bien au plan d'une action politique directe - municipale, locale, nationale - ou bien associative. Il y a beaucoup de leviers pour l'action publique.