Fatima : Benoît XVI permet d’ouvrir la cause de béatification de Sr Lucie ocd

Annonce du cardinal Saraiva Martins

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ROME, Mercredi 13 février 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI permet d'ouvrir la cause de béatification de Sr Lucie ocd, Lucia dos Santos, la troisième voyante des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, en 1917, décédée le 13 février 2005, il y a exactement 3 ans, au carmel de Coimbra.

La nouvelle a été annoncé par le cardinal préfet de la congrégation romaine pour les Causes des saints, José Saraiva Martins, ce soir en la cathédrale de Coimbra, dans sa patrie, le Portugal, indique le Vatican.

Le cardinal venait de célébrer la messe pour le 3e anniversaire de la mort de sr Lucie.

Benoît XVI a en effet accueilli positivement la demande présentée par l'évêque de Coimbra, Mgr Albino Mamede Cleto, « partagée par de nombreux évêques et des fidèles du monde entier ».

Il accorde donc une dérogation à la règle du délai de 5 ans imposé après le décès d'un serviteur de Dieu avant l'ouverture d'une cause de béatification et canonisation. Cette dérogation permet de lancer la cause au niveau diocésain.

Jean-Paul II avait accordé une telle dérogation pour Mère Teresa de Calcutta et Benoît XVI pour Jean-Paul II.

Les derniers moments de Sr Lucie ont été racontés par la supérieure du Carmel de Coimbra (cf. Zenit du 25 septembre 2007). Son corps a été transféré, le 19 février 2006 de Coimbra à Fatima (cf. Zenit du 11 janvier 2006).

C'est le cardinal Tarcisio Bertone, alors archevêque de Gênes, qui avait présidé le 15 février 2005, au nom de Jean-Paul II, les obsèques de sœur Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, à Coimbra, elle qui fut « témoin du mystère de Fatima ». Il avait rencontré sr Lucie plusieurs fois avant la publication du Troisième - et dernier - « secret » de Fatima.

Sœur Lucie s'était éteinte à 17 h 25, le dimanche 13 février 2005, au carmel Sainte-Thérèse de Coimbra. Elle aurait eu 98 ans en mars 2005. Avec ses petits cousins, les bienheureux François et Jacinthe Marto, Lucie « a eu le privilège de voir la Vierge et de parler avec Elle, à partir du 13 mai 1917 ».

Le pape Paul VI avait rencontré la carmélite portugaise le 13 mai 1967, et Jean-Paul II trois fois, en 1982, en 1991, dix ans après l'attentat de 1981, et le 13 mai 2000.

Le 13 mai 1917, en plein cœur de la première Guerre mondiale qui moissonnait ses victimes par centaines de milliers, la Vierge Marie est apparue, sous l'apparence d'une « femme revêtue de soleil » à la « Cova da Irìa », près de Fatima, à trois pastoureaux, cousins : Lucie dos Santos et Jacinthe et François Marto. La Vierge Marie leur recommandait de prier intensément pour la conversion des pécheurs.

Lucie avait dix ans. Les apparitions se renouvelèrent 6 fois en 1917, la dernière, le 13 octobre. Jacinthe mourut en 1919 et François en 1920, année de la reconnaissance des apparitions par l'Eglise.

Lucie avait 14 ans lorsqu'elle fut admise au collège des Sœurs de Ste Dorothée, à Vilar. Et en 1948, elle entra au Carmel Sainte-Thérèse de Coimbra, où elle mena une vie retirée et silencieuse.

Elle a mis par écrit les différentes parties du Message de la Vierge Marie, la dernière partie, en janvier 1944 : elle sera révélée à Fatima le 13 mai 2000.

C'est après l'attentat du 13 mai 1981 que Jean-Paul II avait demandé à prendre connaissance du contenu de cette troisième partie du message, dans le récit écrit par soeur Lucie : il a immédiatement pensé à la consécration de la Russie au cœur Immaculé de Marie.

Le 13 mai 1982, il s'est rendu en action de grâce à Fatima, reconnaissant qu'il devait la vie à l'intervention de la Vierge : il fait sertir la balle qui l'a frappé dans la couronne de la Vierge de Fatima. Il s'était reconnu dans « l'évêque vêtu de blanc » dont parlait le message.

Pendant la célébration de béatification des deux petits cousins de Lucie, en l'an 2000, devant quelque 500 000 pèlerins, le pape Wojtyla a de nouveau remercié la Vierge de sa protection. Ce fut l'occasion de révéler le contenu du troisième « secret », publié ensuite par la congrégation pour la Doctrine de la foi, avec un commentaire autorisé.

« La prière de sœur Lucie m'a toujours soutenu dans les moments durs de l'épreuve et de la souffrance », avait déclaré Jean-Paul II dans son message, en date du 14 février , adressé à l'évêque de Coimbra, Mgr Albino Mamede Cleto, à l'occasion des funérailles de la dernière voyante de Fatima.

Le pape expliquait : « La visite de la Vierge, que la petite Lucie a reçue à Fatima avec ses cousins François et Jacinthe en 1917, a été pour elle le début d'une mission singulière à laquelle elle est restée fidèle jusqu'à la fin de ses jours. Sœur Lucie nous laisse un exemple de grande fidélité au Seigneur et de joyeuse adhésion à sa divine volonté ».

Anita S. Bourdin