Fête de la Vierge de Lorette: anniversaire de l'arrivée des "saintes pierres"

Quand les papes visitent le sanctuaire

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 421 clics

C’est aujourd’hui la fête de Notre Dame de Lorette : la vierge noire du sanctuaire de « Loreto », au centre de l'Italie, face à la Mer Adriatique. La basilique abrite les pierres de la Maison de Marie à Nazareth, comme l’ont établi les fouilles archéologiques.

Elles ont été transférées à Lorette par la famille « de Angelis » - d’où la légende de la translation par « des anges » -  le 10 décembre 1294.

Le pape Benoît XVI lui-même s’est rendu en pèlerinage à Lorette, le 4 octobre 2012, comme en « prélude » à l’Année de la foi, et dans le sillage du bienheureux pape Jean XXIII, qui était allé confier le concile Vatican II à la Vierge de Lorette le 4 octobre 1962.

La basilique actuelle, dont le chevet domine la Mer Adriatique, abrite les pierres rapportées par les Croisés pour les protéger des pillards. La basilique a des allures de forteresse crénelée, ce qui en dit long sur l'importance de la précieuse relique qu’elle protège et défend.

A l'intérieurn, les trois murs de la maison sont eux-mêmes enchâssés dans un édifice aux sculptures d’artistes renommés.

Ces murs ont été comme « posés  sur une route ». Ce détail « plutôt étrange » exprime qu’elle « n’est pas une maison privée, elle n’appartient pas à une personne ou à une famille », mais elle est au contraire « une habitation ouverte à tous, qui est sur notre chemin à tous », a fait observer Benoît XVI.

Pour le pape émérite, la maison de Lorette - maison de la Vierge Marie rapportée de Nazareth au XIIIe siècle - est « une maison qui nous fait demeurer, habiter et qui en même temps nous fait cheminer, nous rappelle que nous sommes tous pèlerins, que nous devons toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle, la demeure de Dieu avec l’humanité rachetée ».

Le quatrième mur était la paroi de la grotte de l’Annonciation. A Nazareth, dans la basilique de l'Annonciation, on voit nettement la trace des trois murs devant l’entrée de la grotte.

Les recherches archéologiques sur la taille des pierres par exemple, les graffiti en hébreu et en grec, les fondations, la position de la maison de Lorette, ainsi que l’examen du site de la "grotte de l’Annonciation" de Nazareth, et des documents du XIIIe s. ont confirmé l’origine galiléenne de ces "saintes pierres" comme les appellent les documents.

Benoît XVI s'est rendu ne pèlerinage à Lorette également lors du rassemblement des jeunes catholiques italiens, l’Agora des Jeunes de 2007.

Jean-Paul II a lui-même effectué trois pèlerinages à Lorette, notamment pour prier pour la paix en Bosnie-Herzégovine, de l’autre côté de la mer, en 1994, avec des veuves de Bosnie.

Il y avait convoqué les jeunes de toute l’Europe et ils ont été plusieurs centaines de milliers à répondre à son appel, les 9 et 10 septembre 1995. Il y est revenu en 2004, à l’occasion de trois béatifications.

Les fresques de la chapelle "polonaise" y rappellent la victoire du roi de Pologne Jean Sobieski qui avait dégarni son propre pays de ses 30 000 hommes - venus en renfort des 70 000 soldats polonais allemands et autrichiens commandés par Charles V de Lorraine -. Il repoussa devant Vienne les 250 000 Ottomans du Grand Vizir Kara Mustafa, le 12 septembre 1683.

La fête du Nom de Marie a été instituée en ex-voto pour la victoire de Sobieski, et alors qu'elle avait été supprimée, le pape polonais, connaissant son origine, l'a rétablie dans le calendrier catholique.