Fête de saint Antoine abbé : Bénédiction des animaux dans une église de Rome

Une tradition des campagnes importée en ville

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ROME, Mardi 17 janvier 2006 (ZENIT.org) – La bénédiction des animaux a eu lieu dimanche 15 et ce mardi matin 17 janvier en l’église Saint-Antoine abbé - Saint-Eusèbe, à Rome, près de sainte Marie Majeure.



Le 17 janvier, l’Eglise latine fête en effet saint Antoine abbé père du désert égyptien (+ vers 175), souvent représenté, comme saint Roch, avec un chien. En Italie, dans les Eglises dédiées au saint, on a gardé la tradition, naguère populaire dans les campagnes, de faire bénir les animaux, afin que toute la création soit rendue à son Créateur et protégée de tout mal.

A Rome, en l’Eglise Saint-Antoine, la messe a eu lieu ce matin à 9 heures, mais une messe anticipée avait été célébrée déjà à 10 heures dimanche dernier pour des raisons pastorales.

L’église était envahie par la foule de grandes fêtes, toutes générations confondues : les plus âgés et leurs fidèles compagnons à quatre pattes, dans les bras ou au pied, les enfants avec un lapin ou des perruches, les jeunes couples avec poussette fièrement gardée par un tendre molosse, les ados avec un, parfois deux, parfois trois chiens.

Au pied d’une Pietà illuminée, une boule de poils noirs, un chiot de Terre-Neuve plongé dans un sommeil réparateur, qui, inspecté par tous ses congénères qui passaient, n’a pas un instant ouvert l’œil pour autant.

Qui aurait imaginé pouvoir réunir pendant une heure tant d’animaux sans provoquer quelque salissure ou une bagarre violente, sans que la liturgie n’en souffre et que les fidèles en se distraient de l’action liturgique ?

Pendant l’homélie, le prêtre n’a dû répéter qu’un seul passage, couvert inopinément par un aboiement. Il expliquait que Dieu est « présent partout, parfois même là où nous ne l’attendons pas ». Il ne parlait pas à ce moment-là des animaux : « même dans nos ennemis », disait-il. « Je répète, parce qu’on n’a peut-être pas bien entendu, reprenait le célébrant avec humour, après l’aboiement intempestif, « même dans nos ennemis ». »

Il commentait la parole de saint Jean Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », en faisant remarquer que Dieu lui-même dans le Christ a reçu ce titre issu du monde animal, chargé de toute la symbolique biblique renvoyant à la Pâque juive.

L’assemblée était d’autant plus joyeuse que la participation active à la célébration était soutenue par une chorale dynamique et recueillie. Pour chant final, de tous les cœurs a jailli le Cantique des Créatures de saint François d’Assise.

Dans l’église, chiens, chats, lapins, perruches, tortues, qu’on a tenus tranquilles pendant la procession de communion.

A la fin de la messe, une bénédiction générale a eu lieu sur le parvis de l’église, prière publique en présence de membres de la Garde des finances à cheval, des Carabiniers à cheval et de l’unité cynophile de la Protection civile, rappelant les services rendus à la sécurité de nos villes par des chiens parfois découverts dans les refuges et choisis pour leurs qualités spéciales.

France 2 et la télévision italienne régionale, RAI 3, ont tout saisi dans leurs objectifs.

Puis le diacre a descendu la volée d’escaliers, goupillon en main, passant au milieu de cette foule joyeuse pour donner une bénédiction individuelle : eau bénite sur le museau ou sur le bec. Beaucoup de voisins qui ne se connaissaient que comme « maître de chien » avaient la joie de se reconnaître plus profondément comme chrétiens.

Ainsi, l’Eglise de Rome n’a pas renoncé à cette tradition antique qui est aussi dans l’esprit de saint François d’Assise, patron d’Italie, un moyen d’évangéliser – car certaines personnes ont cessé d’aller à la messe, mais ne manquent pas cette fête célébrée dès l’enfance – une occasion de rendre grâce pour le don de la Création, et finalement de redonner « à Dieu ce qui est à Dieu ».

C’est dans cet esprit que deux églises de Rome acceptent régulièrement à la messe des fidèles avec leurs compagnons de pèlerinage sur cette terre.