Finances : l'Eglise n'a rien à cacher

Mais le vrai « thermomètre de la crédibilité », c'est la charité

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Anne Kurian

ROME, lundi 16 juillet 2012 (ZENIT.org) – « L’Eglise n’a rien à cacher, même au niveau de la gestion de ses finances » : telle est l'affirmation de la rencontre annuelle des attachés de presse et porte-parole des évêques d’Europe, qui s’est déroulée en Allemagne, à Cologne, du 11 au 14 juillet 2012. 

Les participants se sont notamment penchés sur les modalités de communication sur les finances de l’Eglise, rapporte un communiqué du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE). En effet, ils estiment que la nouvelle évangélisation et la sainteté personnelle passent par « la communication d’une gestion crédible de l’argent », mais que le véritable « thermomètre de la crédibilité » de l’Eglise c'ets la charité.

Sont intervenus entre autres Roger Molitor, membre du Conseil d’Etat du Luxembourg et ancien partenaire de KPMG-Luxembourg, M. Angelo Scelzo, Sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les communications sociales ainsi que Ludwig Ring-Eifel, rédacteur en chef de l’Agence de presse catholique allemande (KNA).

La nouvelle évangélisation en jeu

Les participants ont reconnu l’exigence de la société actuelle, qui considère « le critère de la transparence, même financière, comme un principe de crédibilité ». La transparence, font-ils observer, « est devenue le prix de la confiance ».

Pour l'Eglise aussi, « la question de la transparence est une question de responsabilité et de crédibilité ». Concrètement, les réalités ecclésiales, lorsqu’elles présentent leur propre situation et leur mission, doivent présenter aussi la dimension financière. 

« L’Eglise n’a rien à cacher, même au niveau de la gestion de ses finances », ont affirmé les participants, rappelant que l’engagement pour la transparence concerne « l’ensemble des institutions ecclésiales : des paroisses aux associations et mouvements catholiques, en passant par les écoles ».

En réalité, il s’agit de bien davantage qu’une simple "image" à préserver : pour les évêques, « la nouvelle évangélisation passe aussi par la communication d’une gestion crédible de l’argent ».

En ce sens, insistent-ils, « la vocation à la sainteté de chaque chrétien passe également par cette responsabilité ».  

Les participants ont exprimé à ce titre leur « appréciation » et leur « estime » à l’égard de la politique de transparence voulue par Benoît XVI, l’assurant de « leur pleine fidélité ».

Charité, critère ultime

Si l’Eglise reconnaît qu’elle a encore « un long chemin à parcourir », cependant « un grand nombre d’initiatives ont déjà été mises sur pied ». En outre, rappellent les participants, la communication sur les questions financières n’est pas toujours facile, du fait qu’« il n’y a pas un seul budget financier de l’Eglise, mais il y en a des milliers : ceux des paroisses, des diocèses, des écoles, des hôpitaux, des résidences pour personnes âgées ».

Les porte-parole mettent également en garde contre certaines dérives de la transparence : l’Eglise n’est pas une société à but lucratif, soulignent-ils, et l’argent est « un moyen pour réaliser sa mission ». C’est-à-dire qu’il doit servir à « annoncer le Christ dans l’histoire en se rapprochant, même du point de vue matériel, surtout des plus pauvres et nécessiteux ».

C’est pourquoi la transparence « ne doit pas s’opposer à la gratuité du don », expliquent les évêques : le véritable « thermomètre de la crédibilité » de l’Eglise est en effet « le témoignage de la charité effective ».

Enfin, la communication « fait partie de la dimension de gestion communautaire de l’Eglise », et ne doit pas être réduite à une « réponse à une demande croissante d’information de la part des journalistes, des institutions ou simplement de l’opinion publique », estiment-ils.  

Les participants ont visité la Maison des médias catholiques (Katholische Medienhaus), et les studios radiophoniques de la Deutsche Welle (institution engagée dans la promotion de la culture et de l’information allemande dans les cinq continents).

Ils ont également rencontré les dirigeants de Pax-Bank, l’institut bancaire qui cherche à promouvoir une finance éthique.

La prochaine rencontre se tiendra en Roumanie, à Bucarest du 12 au 15 juin 2013.