Finances: les instruments de la transparence au Vatican

Identifiées des transactions suspectes

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 979 clics

Six transactions suspectes qui sont passées par l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), l'institut financier du Vatican, ont été détectées et deux signalées à la magistrature vaticane: la nouvelle n'est pas annoncée par quelque publication avide de scandales, mais par le Vatican.

Et ce geste de transparence est salué ce mercredi 22 mai par la presse italienne.

M. René Brülhart, le directeur de l'Autorité d'information financière du Saint-Siège et de l'Etat de la Cité du Vatican (AIF) - voulue par Benoît XVI en 2010, et présidée par le cardinal Attilio Nicora - a en effet tenu en fin de matinée au Vatican, ce 22 mai, sa première conférence de presse présentant un Rapport d'activité.

Cet organisme de contrôle et de réglementation interne est en effet entré en activité en 2011. Le pape Benoît XVI a aussi adopté de nouvelles normes en vue de la transparence de cet organisme  pour prévenir le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Sa création, a commenté le directeur, constitue "un acte de cohérence pour une mission au plan moral", pour faire ne sorte que l'économie et la finance "ne soient pas de simples fins" mais soient placées au service de la personne.

Au cours de l'année 2012, l'AIF a traité six opérations suspectes, a-t-il révélé, et une seule en 2011, signe d'une efficacité croissante des dispositifs. L'AIF a également transmis deux affaires au Tribunal du Vatican pour une  enquête plus approfondie. M. Brülhart a aussi fait état d'une amélioration progressive du fonctionnement de l'Autorité, et notamment pour le contrôle et l'examen des transactions en liquide faites par des clients surveillés. 

En 2012 en effet, il y a eu 2 demandes d'information à des autorités internes et 2 Rapports au Promoteur de Justice. 

Au niveau international, en 2012 il y a eu une demande d'information vers des autorités extérieures, et 3 reçues depuis des autorités extérieures. 

Les dernières statistiques du Rapport concerne le transport d'argent liquide au-delà des frontières qui doit être obligatoirement déclaré, à partir de 10 000 euro. En 2012, il y a eu 598 déclarations en entrée (contre 658 en 2011) et 1782 en sortie (1894 en 2011).

Toujours selon le Rapport, l'AIF a adopté 5 règlements et 6 instructions, entre autres dans le domaine du transport etc de fonds en liquide soit en entrée soit en sortie de la Cité du Vatican et les transferts.

Et de façon préventive, l'AIF a le pouvoir de procéder à la suspension pendant 5 jours ouvrables des activités qui seraient suspectes de recyclage.

Cet organisme composé de 7 personnes exerce en effet son activité dans deux directions: l'activité d'information financière et l'activité de vigilance pour la prévention et la lutte contre le recyclage et le financement du terroriste, avec le pouvoir d'effectuer des "inspections sur le terrain" et d'infliger des "sanctions administratives".

Mais la coopération s'est aussi développée en externe, avec des autorités internationales belges et espagnoles, notamment. Il en va de la "crédibilité" du Vatican et de cet organisme, et c'est pourquoi l'année 2013 donnera l'occasion de nouveaux accords avec d'autres pays et d'autres institutions.

La prévention et la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, vont se poursuivre avec la mise en oeuvre des recommandations du Comité Moneyval du Conseil européen (cf. Zenit du 4 juillet 2012, http://www.zenit.org/fr/articles/dispositif-anti-blanchiment-du-vatican-moneyval-adopte-son-rapport). Enfin, le directeur a insisté sur l'excellente coopération avec les autorités italiennes et la Banque d'Italie.

Le Rapport de 64 pages de l'AIF est disponible en anglais et en italien: http://attualita.vatican.va/sala-stampa/bollettino/2013/05/22/news/31044.html