Former des étudiants qui soient la conscience critique de la culture

La mission de l'Université catholique, par le card. Bertello

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 461 clics

La mission d’une université catholique consiste à former des étudiants qui soient « la conscience critique de la culture actuelle au service de la citoyenneté et du bien commun mais aussi de cette personne que nous portons dans notre cœur qui s’appelle le Christ », estime le cardinal Bertello.

Une « leçon magistrale » du cardinal Giuseppe Bertello, président du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican, membre du « C 8 », a inauguré, le 4 mars, la 8ème année académique, de l’Université européenne de Rome, la première pour le nouveau recteur, le père Luca Gallizia LC.

Cette lectio magistralis avait pour thème « Identité et mission de l’université catholique aujourd’hui. Montrer l’harmonie entre foi et raison », à partir de l’encyclique Foi et raison : « un formidable programme pour une communauté universitaire ».

Dans un contexte occidental de « crise économique, morale, intellectuelle, qui fait vaciller tant de certitudes », la mission d’une université catholique est « spéciale et élevée » et consiste à former des étudiants qui soient « la conscience critique de la culture actuelle au service de la citoyenneté et du bien commun mais aussi de cette personne que nous portons dans notre cœur qui s’appelle le Christ », a fait observer le cardinal italien.

L’intelligence de l’homme, a expliqué le cardinal, n’est pas seulement « activité, gérance ou mécanique, mais ouverture à la transcendance », là où au contraire, la culture moderne est atteinte de nombreuses formes de « réductionnisme », dont l’une concerne « le désir », en ce sens où « désirer est devenu aspirer à des biens matériels, quand en réalité le désir naît, comme un appel d’en haut et vers le haut ».

Le rapport entre foi et raison s’articule entre un « déjà-là » et un « pas encore », a poursuivi le cardinal Bertello: l’université doit donc considérer sérieusement le défi du « pas encore » en étudiant les divers domaines du savoir, en protégeant l’honnêteté de chaque science et assurant l’autonomie de la recherche.

Dans le sillage de Benoît XVI, spécialement son discours à l'Université de Ratisbonne, le 12 septembre 2006, le cardinal Bertello a souligné ha souligné l’opportunité d’un « élargissement de la raison », d’une nouvelle alliance entre la foi et la raison et d’un dépassement de la « limitation autocritique de la raison à ce qui est vérifiable par l’expérimentation.

« L’humilité de reconnaître ses propres limites – a-t-il ajouté, représente la meilleure préparation à recevoir de grands dons. Grandir moralement, socialement, intellectuellement ne signifie pas valoir plus que les autres mais plutôt devenir de plus en plus conscient que la réalité est faite de tant de parties à comprendre, beaucoup plus que celles qu’un homme est capable d’embrasser par sa pensée et sa technique ».

Cette humble soumission à la réalité représente « la vraie sagesse qui, naturellement, demande force et courage », a relevé le cardinal Bertello.

Puis le cardinal s’est inspiré d’un discours du pape François, évoquant le risque d’une jeunesse considérée seulement sur une base générale, où manquent l’enthousiasme et la passion, nécessaires pour « toujours se surpasser ».

Le vrai, le bon et le beau sont « des valeurs que chacun de nous peut trouver objectivement » mais uniquement à travers l’humilité de se laisser guider par Jésus, « l’unique vrai maître », dans lequel « non seulement notre faiblesse est accueillie mais devient notre force grâce à la fidélité de Dieu ».

Avec une traduction d’Océane Le Gall