France: colloque de bioéthique à Paray-le-Monial

La vie, d'abord un don ou un objet de droit ?

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ROME, mardi 13 novembre 2012 (ZENIT.org) – Le 11ème colloque de bioéthique organisé à Paray-le-Monial par la Communauté catholique de l’Emmanuel, du 9 au 11 novembre 2012, a été consacré à « l’évolution des regards sur la vie humaine : de moins en moins considérée comme un don, celle-ci devient objet de droit », rapporte un communiqué.

Environ 450 personnes – professionnels de santé, étudiants, personnes touchées par l’accueil du handicap – ont participé à l’événement, où sont intervenus notamment Danielle Moyse, philosophe, Dominique Folscheid, spécialiste de philosophie morale et politique, Elizabeth Montfort, ex-députée européen, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Laurent Landete, infirmier et modérateur de la Communauté de l’Emmanuel et le docteur Hubert Tesson, responsable d’une unité de soins palliatifs.

Onze ateliers sur diverses questions bioéthiques étaient également proposés : l’euthanasie, l’objection de conscience, la souffrance des couples en attente d’enfant, la blessure post-avortement, l’actualité de la recherche sur l’embryon…

Face au « fantasme des temps modernes, qui est celui de l’auto-fondation », dénoncé par Danielle Moyse, Mgr Brouwet a rappelé que vie humaine est « reçue de Dieu » pour être redonnée, non dans une culture de l’individualisme mais de la communion : « Nous sommes donnés les uns aux autres, pour que chacun puisse redonner à l’autre ce qu’il a reçu. Considérer l’autre comme un frère et non comme une menace, c’est la première chose pour rentrer dans cette culture de la vie. »

Pour l’évêque, même les non-croyants peuvent être rejoints par ce thème, car « on peut leur dire que l’homme est fait pour donner, qu’il a une responsabilité, que l’homme et la femme sont appelés à se donner l’un à l’autre. C’est une anthropologie que beaucoup de nos contemporains reçoivent. »

Mgr Brouwet a aussi invité les chrétiens à une action plus concrète en faveur de la vie : « Nous avons encore trop peu de structures pour  accueillir les femmes enceintes en détresse, ou aider celles qui ont subi un avortement à se reconstruire. C’est sans doute un lieu de confrontation frontale avec le monde, mais il faut nous défaire de nos peurs », a-t-il estimé.

Laurent Landete a souligné quant à lui que « ce message sur la vie ne peut être entendu que si nous témoignons du primat de l’Amour : il s’agit de proposer un chemin où chaque personne est aimée ».

Evoquant l'évolution des mentalités, Dominique Folscheid a fait observer qu’« avec l’artificialisation de la procréation, l’enfant devient objet de désir. On va vers le "choisi" et le refus du "subi" ».  

Dans la même lignée, Elizabeth Montfort, a analysé le sujet du « mariage pour tous », qui a été préparé selon elle par les revendications des « féministes du genre », qui ont voulu se libérer du sexe biologique et de « la contrainte de la maternité » pour choisir librement leur orientation sexuelle.

En ce sens, a-t-elle expliqué, « le gender dissocie nature et culture, car le genre doit être choisi. On passe alors d’une dialectique hommes-femmes à un monde divisé entre homosexuels et "hétérosexuels", ce qui veut dire que l’on réduit la personne à son orientation sexuelle ».

Enfin, le docteur Hubert Tesson, face au « droit de choisir sa mort », a plaidé pour l’interdiction de tout geste d’euthanasie.