France : inquiétude des sages-femmes

A propos de l’avortement par RU 486

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ROME, Jeudi 2 juillet 2009 (ZENIT.org) - Le projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoires » voté la semaine dernière en France autorise les sages-femmes à prescrire la « pilule du lendemain », pilule abortive, RU 486, rapporte « Gènéthique », la synthèse de presse de la fondation Jérôme Lejeune qui souligne l'inquiétude des sages-femmes à ce sujet. 

Cela permettrait « de faciliter l'accès à l'IVG en permettant un meilleur maillage des professionnels de santé pratiquant ces actes », explique le rapport Poletti. Cette extension des missions de la sage-femme ne fait pourtant pas l'unanimité parmi les professionnels. 

Si pour Chantal Birman, sage-femme à la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis), son travail « c'est de faire en sorte que la femme ressorte la plus grandie possible, qu'elle ait fait une IVG ou qu'elle ait gardé sa grossesse », pour Cécile Demarset, sage-femme de la région de Tours, en revanche : « l'essence de notre profession, c'est pourtant de conduire vers la naissance, d'accueillir la vie ». 

Olivia Déchelette, porte-parole du collectif « Sages-femmes de demain », s'opposant à la prescription de la RU dans leur métier, estime qu' « on peut tout à fait accompagner les femmes sans pour autant détenir ce pouvoir de prescrire une IVG (...). C'est un retour en arrière. Avant la loi Veil, les sages-femmes étaient parfois traitées d'avorteuses et avaient du mal avec cette image. Aujourd'hui, on a l'impression que la loi vient leur recoller cette étiquette ». 

« Le risque est de donner moins de prix à la vie », s'inquiète de son côté Anne-Marie, étudiante en école de sage-femme. 

Cette nouvelle disposition fait craindre par ailleurs un moindre investissement dans les autres compétences - multiples - du métier. « Pour nous qui sommes aux premières loges du don de la vie, n'est-il pas temps de privilégier notre action auprès des jeunes avant qu'ils ne soient confrontés à une grossesse non désirée? », s'interroge Olivia Déchelette. 

Source : La Croix (Maryline Chaumont) 01/07/09