France : L’application de la loi sur la fin de vie, par 2 candidats à la présidentielle

Une analyse de Marie de Hennezel

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ROME, Jeudi 1er mars 2007 (ZENIT.org) – « Des mesures pour faire appliquer la loi sur la fin de vie », selon deux candidats à l’élection présidentielle en France : une synthèse de « gènéthique » (www.genethique.org).



Dans le quotidien français « Le Monde », Marie de Hennezel, psychologue et écrivain revient sur les déclarations de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy à propos de la fin de vie. Tous deux se sont déclarés en faveur d'une loi sur l'euthanasie invoquant « les souffrances épouvantables...intolérables » des personnes en fin de vie.

Or, explique-t-elle, des lois destinées à soulager les souffrances de ces personnes existent déjà. Il convient maintenant « de faire une pédagogie de ces lois, d'expliquer aux français que les textes encadrent parfaitement la fin de vie, et que si des cas de souffrances intolérables nous sont rapportés, cela montre que la loi n'est pas encore appliquée partout ».

Elle suggère que les candidats s'engagent à faire appliquer ces bonnes pratiques de fin de vie, forment tous les médecins hospitaliers et libéraux, financent des postes de psychologues pour épauler les médecins et financent le congé d'accompagnement prévu par la loi du 9 juin 1999.

Sans ces mesures, explique-t-elle, nous aurons une mort à 2 vitesses. D'une part, celle qui a recours aux soins palliatifs où la fin de vie sera apaisée. D'autre part, celle qui n'apporte pas d'autre issue que de demander la mort pour soulager la souffrance. Interpellant les 2 candidats, elle leur demande de mettre en place des mesures « concrètes, urgentes et impératives » pour réduire l'inégalité d'accès aux soins palliatifs.

En revanche, explique-t-elle, il conviendrait de débattre sur un autre sujet : celui des personnes qui veulent mourir et qui souhaitent qu'on les aide à se suicider. « Quelle place sommes-nous prêts à accorder à ceux qui se sentent de plus en plus exclus de la communauté des vivants et désirent la mort plutôt que la vie ». Comment répondre à ces souffrances qui ne concernent pas la fin de vie ?

Source : Le Monde 01/03/07