France : la présidente de la "Manif pour tous" rencontre le pape

Un soutien marqué en faveur de la famille

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 687 clics

Ludovine de la Rochère, présidente de la « Manif pour tous », mouvement de défense de la famille né en France lors des débats autour de la loi Taubira, a rencontré le pape François hier, jeudi 12 mai 2014, à l'issue de la messe matinale à Sainte-Marthe, alors que le mouvement poursuit sa mobilisation face aux projets de loi français et aux programmes de l'Education nationale.

C'est la Manif pour tous, qui dans un courrier adressé au pape en janvier dernier, avait sollicité cette rencontre : « Quand nous avons appris que le pape recevrait le président François Hollande – 24 janvier 2014 – nous avons fait une demande en expliquant notre face à face avec le gouvernement, qui exprime des intérêts contraires à la famille, sur de nombreux sujets tels que le mariage, la PMA (procréation médicalement assistée, ndlr), la GPA (grossesse pour autrui, ndlr), l'adoption » d'enfants par des personnes homosexuelles, explique Ludovine de la Rochère à Zenit.

Demande d'un message pour la France

Il s'agissait d'exposer au pape François « ce qu'il en est aujourd'hui, car même si la loi Taubira a été votée, les attaques contre la famille se poursuivent, à travers des projets de loi et des programmes d'éducation scolaire ».

La rencontre avec le pape se voulait aussi un encouragement pour les acteurs et sympathisants du mouvement : « Nous sommes a-partisans et a-confessionnels. Mais le pape représente une autorité morale au niveau international, bien au-delà de l’Église catholique. Des personnes non catholiques de la Manif pour tous m'ont d'ailleurs exprimé leur joie et leur fierté de cette rencontre. »

Au cours de l'entretien, qui a duré quelques minutes, la présidente a offert au pape le sweat portant le logo de la Manif pour tous – les sihouettes d'une famille composée d'un père, une mère, un garçon et une fille – « un symbole important, car depuis des mois en France, ceux qui le portent sont interpellés par la police... il faut du courage pour le porter ! », a-t-elle expliqué au pape.

Elle lui a également remis le livre « #Saison 1 » de la Manif pour tous et le « Manifeste pour la famille et pour l'enfant », rédigé à l'issue du Grenelle de la Famille, contenant 10 principes et une quarantaine de propositions, que le mouvement entend promouvoir auprès des organismes internationaux.

« Le pape m'a demandé de parler français, il le comprend bien, même s'il ne le parle pas. Il a tout de suite manifesté son approbation, réagissant de manière très positive. Je lui ai expliqué que je représentais un très grand nombre de personnes. Je lui ai également demandé s'il avait un message à transmettre aux Français, il a répondu qu'il y réfléchirait », précise Ludovine de la Rochère.

« Le fait d'avoir été reçue, d'avoir échangé avec le pape, d'avoir été placée au premier rang durant la messe à Sainte-Marthe – on m'a fait me déplacer alors que j'étais au milieu de l'assemblée – est un signe de soutien très clair du pape », souligne-t-elle.

« Bien entendu, il connaît ces sujets mieux que quiconque, étant donné que ce sont des enjeux internationaux : les instances européennes notamment jouent un rôle dans la promotion de la PMA, de l'adoption par des couples de même sexe », poursuit la présidente du mouvement. Lors de la visite de François Hollande au Vatican, les entretiens avaient d'ailleurs évoqué « la défense et la promotion de la dignité de la personne humaine, et des sujets comme la famille, la bioéthique ».

Mobilisation pour l'éducation des tout-petits

Il s'agit aujourd'hui, dit-elle, de poursuivre « la résistance à ces projets contraires à la dignité humaine », alors que le combat est en train de s'internationaliser (au Pérou, à Taïwan, aux États-Unis...). Car si la Manif pour tous « a réussi à freiner les conséquences de la loi Taubira, l'effort ne doit pas être relâché », insiste Ludovine de la Rochère : « Le mariage est une institution qui vise à fonder une famille et si on l'ouvre aux personnes de même sexe, cela implique aussi de trouver des moyens – PMA, GPA, etc – pour contourner le fait que des personnes de même sexe ne peuvent pas concevoir : ce sont des revendications très fortes en France ».

« Déjà, déplore la présidente, on constate une tolérance des autorités françaises sur les cas de PMA et GPA pratiquées à l'étranger, en contournant la loi. Cela encourage la pratique, et nous avons interpellé Mme Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la Famille, sur ce sujet ».

Ludovine de la Rochère regrette le danger de ces évolutions qui « relativisent la filiation réelle – la cohérence et la sécurité de la génération naturelle, avec un père et une mère – en faveur de filiations socialement construites », qui menacent, dit-elle, l’équilibre de l'enfant : « Seule la complémentarité des sexes aboutit au respect et à la prise en compte de la filiation. »

La Manif pour tous s'oppose, explique-t-elle, à « de nombreux projets de loi » qui attaquent la famille : « Le projet de loi sur l’autorité parentale et l’intérêt de l’enfant, qui en réalité se préoccupe seulement de la vie des adultes, les réformes de la fiscalité, les nouvelles normes sur le travail, imposant l'interdiction des temps partiel de moins de 24h. Il sera plus difficile pour les mères de concilier travail et famille. »

Le mouvement organisait ces derniers jours des décryptages publics de programmes de l’Éducation Nationale, qui sous couvert de « l'ABCD de l'égalité », font « une promotion bien réelle de l’idéologie du genre ». Elle épingle cet ABCD de l'égalité, qui sera généralisé à la rentrée scolaire prochaine en France, de la grande section de maternelle (5 ans) au CM2 (6-11 ans), parce qu'il « diffuse l'idée que 'homme' et 'femme' ne sont que des constructions sociales. Il est très grave de chercher à déconstruire les repères de la différence des sexes chez un enfant qui est justement en train de se construire ».

Elle souligne le silence des instances éducatives : « Nous avons sollicité un rendez-vous avec le ministre de l’Éducation Benoît Hamon, mais nous n'avons pas de réponse. De même, les Académies ne répondent pas aux parents d'élèves. »

En attendant, une consultation nationale sur l'ABCD de l'égalité est lancée : « et si nous ne sommes pas entendus nous appellerons à manifester à la rentrée », prévient la présidente.