France : les dangers du diagnostic de la trisomie 21

Appel lancé par la Fondation Lejeune

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ROME, mercredi 12 septembre 2012 (ZENIT.org) – La Fondation Jérôme Lejeune alerte les autorités françaises sur le nouveau test de diagnostic de la trisomie 21, qui entraine de « graves conséquences humaines et éthiques », dans un communiqué du 10 septembre 2012.

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, lance l’alerte sur une nouvelle technique du diagnostic de la trisomie 21, effectuée directement à partir du sang de la mère, qui est mise sur le marché en Europe – Allemagne, Autriche, Liechtenstein, Suisse – et bientôt en France (cf. Zenit du 23 août 2012).

Pour la Fondation Lejeune, cette nouvelle technique entraîne de « graves conséquences humaines et éthiques » et la France « doit prendre la mesure du problème ».

Cette nouvelle technique, dénonce-t-elle, est l’objet d’un « marché stratégique particulièrement lucratif » puisqu’il concerne « l’ensemble de la population féminine qui souhaite procréer ».

Le premier argument de vente repose sur la « fiabilité à 100 % » du dépistage, qui ne ciblerait que les « bébés anormaux », au contraire de l’amniocentèse qui entraîne 1 % de fausses couches. La Fondation dénonce à ce sujet un « principe de discrimination » qui considère que « la vie des normaux vaut plus que celle des anormaux ».

Le second argument de vente consiste à « affirmer que la liberté de choix de la mère sera toujours garantie ». Mais, constate la Fondation, « plus il y a de dépistage, moins il y a de naissances trisomiques ». Aujourd’hui « 96 % des bébés trisomiques diagnostiqués sont déjà éliminés » rappelle-t-elle, faisant remarquer que « ce pourcentage n’est pas un marqueur de liberté » car « l’effet incitatif de l’offre de dépistage et la pression qu’elle implique sont évidents ».

« La combinaison de ces deux arguments de vente conduira au résultat suivant : on n’éliminera plus que des bébés anormaux, mais on les éliminera tous », analyse la Fondation.

C’est pourquoi elle invite les autorités sanitaires qui auront à prendre des décisions sur ce nouveau dépistage à réfléchir à plusieurs questions :

-          A combien de centaines de millions d’€ /an s’élève déjà et s’élèvera demain le coût du dépistage généralisé de la trisomie 21 pour l’Assurance maladie et pourquoi la recherche à finalité thérapeutique sur cette pathologie n’est-elle pas financée au même niveau ?

-          La non-fiabilité (marqueurs sériques et échographie) et les risques inhérents à la pratique d’examens invasifs (amniocentèse, choriocentèse) du dépistage actuel sont évoqués dans les arguments de vente du nouveau test. Mais quelles avaient été les mises en garde sanitaires sur ces risques connus depuis quinze ans ?

-          Les centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) délivrent automatiquement des autorisations d’interruption de grossesses en cas de trisomie 21. Ce systématisme ne correspond pas à la mission qui est la leur. Pourquoi sont-ils toujours agréés par l’Agence de la biomédecine ? Quel pilotage assume-t-elle dans ce domaine ?

-          Certains praticiens appartenant à la fonction publique vont être à la fois promoteurs du nouveau dépistage et conseillers des laboratoires concernés qui fabriquent et commercialisent le nouveau test. Qu’en est-il de la transparence des rémunérations et de l’indépendance de jugement ?