France: les religions appellent à la fraternité vis-à-vis des Roms

Les pouvoirs publics invités à travailler avec les associations

Rome, (Zenit.org) | 650 clics

Les responsables de religions de France tirent la sonnette d'alarme sur la situation des Roms dans le pays. Ils appellent les croyants à "à exprimer leur fraternité de manière sincère et concrète" et les pouvoirs publics à travailler en lien avec les associations. 

La Conférence des responsables de culte en France (CRCF) a tenu sa réunion  trimestrielle, au siège de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, à Paris, hier, 4 avril 2013.

Les participants à cette réunion étaient le cardinal André Vingt-Trois et Mgr Laurent Ulrich (Conférence des évêques de France) ; le pasteur Claude Baty et le pasteur Laurent Schlumberger (Fédération protestante de France) ; le métropolite Emmanuel, le métropolite Joseph et M. Carol Saba (Assemblée des évêques orthodoxes de France) ; le Grand rabbin Gilles Bernheim et le rabbin Moshé Lewin (Grand rabbinat de France) ; M. Anouar Kbibech (Conseil français du culte musulman) ; Mme Marie Stella Boussemart et M. Olivier Wang-Genh (Union bouddhiste de France).

Appel à la "fraternité" avec les Roms

Dans un communiqué publié après la réunion, les participants font part de leur inquiétude pour « la situation faite aux Roms dans notre pays », situation qui « alarme particulièrement, les responsables des différents cultes en France ».

Ils dénoncent « des expulsions massives » notamment à Lyon, Lille, Ris-Orangis, depuis quelques semaines, « y compris pendant la période de trêve hivernale » : cela conduit, déplorent-ils, à « une errance de squat en squat, dans des conditions de vie plus que précaires avec absence d’hygiène et problèmes de santé, à de grandes difficultés pour maintenir la scolarité des enfants, au sentiment « d’une chasse à l’homme » injustifiée qui bafoue les droits de l’homme et finalement, à satisfaire un besoin de rester groupés pour survivre et faire face à l’adversité et au rejet des populations sédentaires ».

Rappelant « la dignité et le respect qui est dû à chaque personne, quelle que soit son origine et sa situation », les responsables de culte en France appellent les pouvoirs publics à travailler « en lien avec les associations, qui sont forces de proposition pour la scolarisation des enfants, l’accès au logement, la mise à l’abri des plus fragiles et la recherche d’emplois, la nécessaire coopération avec les pays d’origine ».

Ils appellent également les croyants des différents cultes « à exprimer leur fraternité de manière sincère et concrète ».

Préoccupés par la violence en France

Evoquant la situation actuelle de la France, ils se disent « préoccupés par la violence, à commencer par la violence verbale qui semble n’avoir plus de limites ». Ils appellent au « respect des personnes et des fonctions » et à la « fiabilité de la parole », sans lesquels « il n’y a pas de vie démocratique possible ».

Les participants ont également évoqué « la situation dramatique des otages et, notamment, les otages français au Sahel et de leurs familles », réaffirmant « que nul ne peut se prévaloir des religions que nous représentons pour légitimer des violences, des ségrégations et même du mépris à l’égard d’un être humain ».

Enfin, les membres de la CRCF se disent en plein accord avec la lettre adressée par les représentants de différentes religions des pays du groupement du G8, aux présidents et chefs de gouvernement membres de ce groupement en prévision de leur réunion en juin prochain. La lettre sera publiée prochainement.

La CRCF a été créée le 23 novembre 2010, selon la volonté des responsables de culte en France d’approfondir leur connaissance mutuelle et de contribuer ensemble à la cohésion de la société.