France: Prise de position de la société de réanimation sur les arrêts thérapeutiques

Une référence lors de contentieux médico-légaux autour de la fin de la vie

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CITE DU VATICAN, Lundi 10 juin 2002 (ZENIT.org) - La Société de réanimation de langue française (SRLF) a pris officiellement position vendredi dernier sur les décisions de "limitations et arrêts de thérapeutiques actives en réanimation adulte" indique la revue de presse de la Fondation Jérôme Lejeune (genethique.org).



Le texte des recommandations devrait être envoyé à l´ensemble des 350 services de réanimation des hôpitaux et cliniques françaises.

Ces recommandations pourraient aussi servir de référence lors de contentieux médico-légaux autour de la fin de la vie.

Pour la SLF, l´arrêt des traitements est justifié quand ils ne sont plus bénéfiques au patient, mais en aucun cas elle ne cautionne les injections de produits avec l´intention de provoquer la mort.

La SRLF distingue trois catégories de patients : ceux qui sont en échec thérapeutique pour lesquels on évite l´acharnement thérapeutique, ceux dont le diagnostic est très défavorable en termes de qualité de vie et ceux qui, conscients de leur état demande l´arrêt des traitements.

La décision d´arrêt des traitements doit être le fruit d´une réflexion de l´ensemble du personnel soignant. Par ailleurs, cela suppose que le malade ait pu bénéficier de soins palliatifs adaptés. Lorsque le malade est inconscient, la SRLF suggère d´impliquer les proches dont elle préconise un accompagnement spécifique.

Selon une enquête française de 1998, l’arrêt des thérapeutiques est impliqué dans plus de 50% des décès d’adulte en réanimation.

Le professeur François Lemaire (Hôpital Henri Mondor, Créteil) explique que la décision d’arrêt des thérapeutiques « n’est en aucun cas un arrêt ou un abandon des soins. Elle entre dans le cadre d’une stratégie de soins palliatifs comme alternative à un engagement thérapeutique à visée curative inutile ».

Par ailleurs, à la maison des soins palliatifs Jeanne Garnier (Paris), Marie-Sylvie Richard, chef de service, explique que « débrancher la machine et laisser mourir le patient est toujours un acte très difficile à faire. Mais il ne s’apparente en aucune manière à l’euthanasie, qui consiste à donner la mort délibérément ».

Rappelons que les évêques suisses viennent de publier un document sur l’accompagnement des mourants et l’euthanasie à la fin de leur 256ème conférence qui les a réuni du 3 au 5 juin (cf. ZF020606). Les évêques proposent d’ « accompagner les mourants dans leur pleine dignité pour la construction d’une société plus humaine ». Après avoir rappelé que la mort fait partie intégrante de la vie, le texte revient sur l’approche chrétienne de la vie. Puis, les évêques donnent une définition précise des termes euthanasie passive, euthanasie active indirecte et euthanasie active directe afin de développer la question de l’assistance au décès et ses limites.