France: "Quelque chose à faire entendre au gouvernement"

Diagnostic du président de la conférence des évêques de France

Rome, (Zenit.org) Cardinal André Vingt-Trois | 2017 clics

Le cardinal André Vingt-Trois met les choses au point au micro de Radio Notre-Dame: la "Manif pour tous" ne représente pas "un phénomène religieux opposé au gouvernement", mais quelque chose de plus large: "Nous sommes, dit-il, devant une opinion qui a quelque chose à faire connaître, à faire entendre au gouvernement", au-delà des clivages. Pour ce qui est de la PMA, il invite à ne pas baisser la garde.

Dans son entretien hebdomadaire sur l’antenne de Radio Notre-Dame, le Cardinal André Vingt-Trois s’est exprimé à nouveau ce samedi matin, 12 janvier, au sujet de la manifestation du dimanche 13 janvier 2013 à Paris.

RND - Qu’attendez-vous des catholiques qui vont participer à cette manifestation ?

Card. Vingt-Trois - J’attends des catholiques qu’ils se comportent en catholiques, qu’ils exercent leur droit de citoyen d’exprimer leur opinion et de le faire de façon collective à travers une manifestation. Un tel projet de loi aurait mérité un débat plus serein et mieux organisé. Cela n’a pas été le choix du gouvernement, donc nous avons été contraints de trouver d’autres manières d’exprimer les points de vue. Cette manifestation est un des moyens d’exprimer le désaccord profond d’un certain nombre de Français à l’égard de ce projet de loi. Je me réjouis que nous soyons dans une République où l’on a la faculté et la liberté d’exprimer ses opinions, pourvu qu’on le fasse évidemment dans les conditions du respect démocratique. C’est-à-dire sans agressivité, sans haine et sans manifestation de violence évidemment, ni même de mépris à l’égard de qui que ce soit.

Il y aura quelques évêques parmi les manifestants. Vous-même, vous avez dit que vous iriez saluer les manifestants…

Je ne sais pas encore comment, mais je ferai quelque chose. Mais ce qui a été très clair dans ce que nous avons dit à la sortie de la rencontre avec le Président de la République -nous, c’est-à-dire les responsables des différentes religions- c’est que nous n’étions pas devant un phénomène religieux opposé au gouvernement. Nous sommes devant une opinion qui a quelque chose à faire connaître, à faire entendre au gouvernement, indépendamment des attaches religieuses de chacun, et que les religions n’étaient ni les instigatrices, ni les organisatrices de cette manifestation. Donc les membres de nos différentes religions y participent selon leur conviction et selon le choix qu’ils font du moyen d’expression. Je suis heureux de savoir que beaucoup de catholiques se sont mobilisés mais cela n’est pas une manifestation de l’Église contre le gouvernement.

Il y a quelques jours on a appris que l’amendement sur la Procréation Médicalement Assistée était retiré de ce projet de loi. Quel regard portez-vous sur cette décision de le retirer ? Est-ce une manœuvre pour démobiliser certains opposants ?

Il ne faut pas se laisser manipuler par les effets d’annonce. L’amendement qui a été retiré n’a jamais été déposé. Donc nous sommes dans un jeu où on joue pour faire avancer, on teste ! Si le Parti Socialiste a renoncé à déposer cet amendement, cela n’est pas forcément parce qu’il y renonce totalement, c’est parce qu’il pense qu’il le fera mieux passer d’une autre façon, donc la question reste entière. Ce n’est pas parce que l’amendement n’est pas présenté en même temps que le projet de loi sur la transformation du mariage qu’il est abandonné