France : Trois mille étudiants ont rendez-vous à Chartres, un peu d’histoire…

Le « vœu de Charles Péguy », en 1912

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ROME, Mercredi 8 mars 2006 (ZENIT.org) – Trois mille étudiants, d’île de France mais aussi d’Amiens, de Lille, d’Allemagne et de Pologne, se sont donné rendez-vous les samedi 25 et dimanche 26 mars 2006 pour le 71ème pèlerinage des Étudiants à Chartres. Ensemble, ils s’interrogeront sur le baptême, et sur son sens pour leur vie autour du thème: « le Baptême : se mouiller pour l’éternité ».



Il s’agit d’un pèlerinage « historique » lancé en 1912, après le vœu fait par Charles Péguy au chevet de son fils malade. Une histoire passionnante…

Historique du pèlerinage

1912. Charles Péguy entreprend le pèlerinage à pied de Paris à Chartres, à la suite d’un vœu fait au chevet de son fils malade. Après la mort du poète en 1914, certains de ses amis font de temps en temps la même route en méditant ses poèmes

« Mon fils a été malade, une diphtérie en août, en arrivant à la mer. Alors, mon vieux, j'ai senti que c'était grave. Il a fallu que je fasse un voeu… J'ai fait un pèlerinage à Chartres. Je suis Beauceron. Chartres est ma cathédrale. J'ai fait 144 kilomètres en trois jours. Ah ! mon vieux, les croisades, c'était facile. Il est évident que nous autres, nous aurions été les premiers à partir pour Jérusalem et que nous serions morts sur la route. Mourir dans un fossé, ce n'est rien ; vraiment, j'ai senti que ce n'était rien. Nous faisons quelque chose de plus difficile.

On voit le clocher de Chartres à 17 kilomètres sur la plaine. De temps en temps, il disparaît derrière une ondulation, une ligne de bois. Dès que je l'ai vu, ç'a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d'un coup. J'étais un autre homme… ».

Juin 1935. A l’initiative de deux étudiants, Marie-Claude Pfenninger et Jean Aubonnet, un groupe de la Sorbonne marche vers Chartres, à la suite de Péguy.
1941 –1944. Après une interruption d’une année, le pèlerinage reprend malgré la guerre. Le Père A. Faidherbe, dominicain, donne au pèlerinage un dynamisme et une organisation qui vont lui permettre de devenir le grand moment de l’année pour les groupes d’étudiants catholiques. Dès 1945, les pèlerins sont plus de 4000.
De 1947 aux années 1990, le pèlerinage se transforme afin de répondre au mieux aux attentes des jeunes d’une société en pleine mutation. Après la crise de mai 1968, les pères Lustiger et Perrier donne une nouvelle impulsion au pèlerinage. Les thèmes se font plus interrogatifs et insiste sur la réflexion personnelle des étudiants.
1991 – 2004. Une nouvelle formule du pèlerinage voit le jour, qui permet de rassembler à nouveau sur les routes de Chartres un nombre significatif d’étudiants. Ce n’est plus la marches des aumôneries d’étudiants, mais celle de la génération étudiante : tous les groupes de jeunes chrétiens d’Ile-de-France (et de Navarre…) sont invités.