France : Un programme électoral promet l'euthanasie

Indignation des associations de défense de la vie humaine

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ROME, vendredi 27 janvier 2012 (ZENIT.org) – Indignation des associations de défense de la vie humaine en France : le programme d’un candidat à l’élection présidentielle promet la légalisation de l’euthanasie, alors que dimanche dernier, 22 janvier, les Français « pour la vie » sont descendus dans la rue (cf. Zenit du vendredi 20 janvier 2012).

En effet, mercredi 25 janvier 2012, le candidat du parti socialiste français a fait inscrire dans son programme une mesure instaurant l’euthanasie, avec des critères extrêmement larges, alors que ce même jour l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a voté une résolution incitant ses 47 Etats membres à l’interdire formellement (cf. article ci-dessus).

Alliance VITA (http://www.alliancevita.org/) dénonce ainsi la mesure n°21 de ce programme qui promet la légalisation de l’euthanasie et estime qu’il s’agit d’un « texte régressif, à rebrousse-poil des pays européens et de la vraie solidarité ».

L'association invite à signer une pétition en ligne: "C’est le moment de faire entendre notre voix pour bloquer cette perspective. Signez et faites largement signer de toute urgence l’appel «Carton rouge à l’euthanasie» (http://www.alliancevita.org/action/2012-2/carton-rouge-a-leuthanasie/http://www.alliancevita.org/action/2012-2/carton-rouge-a-leuthanasie/) lancée à l’adresse de "tous les candidats à l’élection présidentielle", pour leur faire connaître cette mobilisation.


La Fondation Jérôme Lejeune (http://www.fondationlejeune.org/) déplore vigoureusement que soient visées spécifiquement les maladies mentales et la trisomie.

Le programme du candidat socialiste à l’élection présidentielle, présenté mercredi matin, contient notamment une proposition relative à l’euthanasie qui alarme les associations : « Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour finir sa vie dignement » (Proposition 21).

Pour Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA, « la mesure n°21 du programme de François Hollande est particulièrement dangereuse. Il décrypte d’une part le « vocabulaire aseptisé » : « Ni le mot « euthanasie », ni les mots « mort » ou « mourir » n’y figurent. Pourquoi cacher la réalité ? »
Il constate pourtant que le texte ouvre « largement » la porte à l’euthanasie car « il prévoit notamment que des personnes qui ne seraient pas en fin de vie, ou des personnes ayant des « souffrances psychiques », puissent demander l’euthanasie. L’adjectif « insupportable » utilisé à ce propos relève du piège dialectique : qui peut vérifier la validité du critère de « souffrances psychiques insupportables » ? Comment s’assurer qu’elles ne peuvent être apaisées ? Qui peut prétendre demander à un patient de « supporter l’insupportable » ? »
Troisième constat : « Le texte laisse surtout croire que donner la mort pourrait relever de « l’assistance médicale pour terminer sa vie dans la dignité », prenant à son compte le grave contresens sur ce dernier terme. En réalité, ce sont les soins palliatifs qui constituent la réelle aide dont les personnes en fin de vie ont besoin pour mourir dans la dignité. Et, comme l’a précisé la SFAP, soins palliatifs et euthanasie sont incompatibles ». »

Alliance VITA demande par conséquent aux candidats à l’élection présidentielle de conduire un « plan dépendance » intégrant des efforts accrus en faveur de la "culture palliative". Elle déplore « le peu de place laissée aux personnes âgées et dépendantes dans le programme socialiste ».

L’association salue en même temps la « résolution historique » votée le 25 janvier 2012 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Elle contient une disposition qui écarte fermement l’euthanasie, « sans ambiguïté ».

Pour la Fondation Jérôme Lejeune, « en prévoyant ainsi de légaliser l’homicide de personnes malades, cette proposition attente au principe fondamental du respect de la vie de tout être humain, même diminuée aux yeux du monde », notamment sur trois pooints.

Tout d’abord, « en précisant que l’homicide pourrait être légalisé en raison de souffrances physiques ou psychiques, la proposition socialiste pointe du doigt les maladies mentales. Elle initie un processus de désignation et de stigmatisation de personnes malades dont la vie ne vaudrait plus la peine d’être vécue ».
La Fondation Lejeune s’indigne : « L’idée de malades « euthanasiables » revient à dresser une liste des indésirables ».

Deuxième interrogation : « Quelle signification doit-on attendre de la « demande » d’euthanasie d’une personne psychiquement ou mentalement fragile ? Le fait d’avoir anticipé la réponse en présumant que des personnes en souffrance psychique ne voudraient plus vivre est une injustice et une hypocrisie ».

Enfin, La Fondation Lejeune épingle « l’évocation des « conditions précises et strictes » n’est pas de nature à dissiper mais au contraire à renforcer la crainte. Depuis 30 ans, cet argument a toujours été avancé pour justifier la normalisation des transgressions dans la loi qui deviennent d’innocentes « dérives encadrées ». »

Et que deviendront les enfants trisomiques ? La Fondation tire le signal d’alarme : « L’encadrement des dérives » permet ainsi d’éliminer en toute légalité la quasi-totalité (96 %) de la population des enfants trisomiques, sur le fondement d’un critère génétique, dans le cadre d’une stratégie et d’un financement publics. »

La Fondation cite cet exemple : « C’est ainsi, qu’un parlementaire socialiste, au cours des débats bioéthiques, s’est demandé pourquoi il restait encore 4 % d’enfants trisomiques… Les personnes handicapées mentales, après avoir été stigmatisées dès leurs premiers instants, risquent donc de l’être jusqu’à leur dernier souffle. »

Anita Bourdin