Fuites de documents : une occasion d'unité et de cohésion pour l'Eglise

Déclaration du card. Bertone

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Anne Kurian

ROME, mardi 5 juin 2012 (ZENIT.org) – Les fuites de documents sont une occasion « d'unité et de cohésion » pour l'Eglise, a affirmé le cardinal Secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, lors d’un entretien accordé à la première chaîne de télévision publique italienne, Rai Uno, hier, 4 juin 2012.

Le numéro deux du Vatican y prend position, pour la première fois publiquement, sur l’affaire de fuites de documents qui se poursuit au Vatican, avec de nouvelles publications dans la presse italienne : « La transparence est un acte de confiance », rappelle-t-il, non pas « un acte de cynisme ». Et la Curie romaine est soutenue par « la force morale du pape », affirme-t-il, qui exhorte au « courage ».

Le cardinal Secrétaire d’Etat revient également sur la Rencontre mondiale des familles (30 mai-3 juin), une « manifestation extraordinaire d’amour », à laquelle il vient de participer aux côtés de Benoît XVI.

Cohésion et unité

Les évènements de ces dernières semaines au Vatican, « n’ont pas été et ne sont pas, affirme le cardinal, des jours de division » mais ces sont « des jours d’unité » et « avant tout une période de courage dans la foi, de ferme sérénité également dans les décisions ».

« C’est le moment de la cohésion de tous ceux qui veulent vraiment servir l’Eglise », souligne-t-il, rappelant que l’Eglise est « une maison lumineuse, malgré tous les défauts des personnes qui sont à l’intérieur ».

Le cardinal estime que « la transparence est un acte qui engage, un acte de solidarité les uns avec les autres, de confiance ». Ce n’est pas « un acte de cynisme ou de superficialité » et « il ne suffit pas d’accéder à la connaissance de quelques documents et de publier des documents partiels pour connaître la pleine vérité sur les faits ».

Au contraire, constate-t-il, « les clarifications sont le fruit d’un travail de dialogue, de relations personnelles et également de conversion du cœur », elles ne sont pas « les résultats de papiers ou de la bureaucratie ». Même si « les papiers sont importants », précise-t-il, « les rapports personnels sont bien davantage ».

Pour le cardinal, « ce qu’il y a de plus triste dans ces évènements, c’est la violation de l’intimité du pape et de ses plus proches collaborateurs ».

La force morale du pape

Bien qu’il y ait « toujours eu des attaques orchestrées, en tous temps », il semble que les attaques actuelles soient « plus ciblées, parfois même cruelles, et organisées », reconnaît-il.

Malgré tout, affirme-t-il, Benoît XVI, « est un homme doux, de grande foi et de grande prière » qui « ne se laisse certainement pas intimider par les attaques, quel que soit leur genre, ni par la persistance des préjugés ».

« Celui qui lui est proche et travaille à ses côtés, ajoute-t-il, est soutenu par cette grande force morale du pape. »

Benoît XVI en effet, poursuit le cardinal, « est un homme qui écoute tout le monde, un homme qui va au-devant des fidèles, pour la mission qu’il a reçue du Christ ».

Une manifestation extraordinaire  

A Milan, poursuit le cardinal « nous avons tous fait l’expérience de cette manifestation extraordinaire d’amour au pape et d’accompagnement, de soutien, pour lui et son magistère, son œuvre », l’expérience de « la joie et l’enthousiasme autour de lui ».

Le cardinal confie avoir vu « beaucoup de gens émus », même dans les rues de Milan : « cela a donc été une belle manifestation d’amour pour le pape à ce moment particulier et un acte d’estime pour Benoît XVI, qui a été appelé ‘le grand entraîneur’ de la grande équipe de l’Eglise universelle pour les championnats du troisième millénaire ».

« Il a eu une “ovation debout” qu’aucun joueur, aucun entraîneur et aucun protagoniste de la vie sociale ou artistique n’a eue », fait-il observer : « Le pape était donc très heureux, et très touché ». Et cela lui a certainement donné « une force supplémentaire », ajoute-t-il.

Si le pape a parlé de la famille comme « ressource morale » en ce temps de crise, rappelle le cardinal par ailleurs, cependant il a aussi « proposé des instruments concrets de solidarité, de jumelage entre familles, en soutenant spécialement celles qui sont en difficulté, le jumelage entre paroisses, entre communautés et entre villes ».

« Il me semble qu’il a aussi indiqué des voies à emprunter concrètement pour soulager des situations de précarité et regarder vers l'avenir », souligne-t-il.

« Courage », le mot du pape 

Pour conclure, le cardinal reprend une parole que Benoît XVI a prononcée à de nombreuses reprises à Milan : le mot « courage ».

Il l’a dit aux autres, relève-t-il, « il l’a dit aux jeunes, il l’a dit aux familles en difficulté, il l’a dit également aux autorités, ainsi qu’aux victimes du tremblement de terre » et il l’a encore dit « avant de quitter Milan, dans la cour de l’archevêché ».

Il dit « courage » à tous, insiste-t-il, « parce qu’il en est convaincu intérieurement, c’est sa force qui lui vient de la foi et de l’aide de Dieu ».

Pour le cardinal Bertone, ce mot, le pape « le dit à toute l’Eglise », et il faut « intérioriser cette parole, aux côtés du pape, sous sa conduite ».